Jihad : la circulaire de l’Académie de Poitiers dérange

Image d'illustration. Des élèves.[AFP / archives]

Le rectorat de l’Académie de Poitiers a récemment diffusé une circulaire visant à aider les enseignants à détecter les élèves en phase de radicalisation religieuse. Le document ne cible que l’Islam ce qui n'a pas manqué de faire réagir.

 

"Barbe longue non taillée (moustache rasée)", "Habillement musulman", "Refus du tatouage". La circulaire du rectorat de l’Académie de Poitiers sur la "prévention de la radicalisation scolaire", révélée par Mediapart, est on ne peut plus claire : elle concerne uniquement des critères basés sur l’extrémisme musulman. Quand bien même celui-ci n’est jamais cité clairement.

A ces "signes extérieurs" s’ajoutent des "comportements" tel que "le repli identitaire", "l’intérêt pour les débuts de l’Islam" ou la "rhétorique politique" sur des sujets tels que la Tchétchénie, l'Irak ou la Syrie.

 

 

 

Racisme ?

Cette note, qui aurait été rédigé par l’équipe mobile de sécurité de l’Académie, chargée de la sécurisation des milieux scolaires, fait aujourd’hui l’objet d’une vive polémique. Selon Magali Espinasse, secrétaire académique du syndicat Snes-FSU, il s’agit d’une "caricature grossière".

"On signale des traits physiques qui pourraient permettre de reconnaitre des personnes dangereuses, des attitudes ou même des propos (…) C’est du racisme pur et dur," a-t-elle déclaré sur France Bleu.

 

Maladresse ?

Le secrétaire départemental du syndicat UNSA, Jean-François Roland, plaide de son côté pour l'erreur, arguant que "les termes employés sont maladroits". "Ce n'est pas vraiment le vocabulaire qu'emploie habituellement l'Education nationale. Je pense qu'il a manqué une relecture avant diffusion", a-t-il ajouté, également auprès de France Bleu.

Un avis partagé par Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Education, interrogé sur France 3.  "Peut-être que les mots ne sont pas parfaits, et nous allons en effet améliorer les choses", a-t-elle expliqué, tout en soulignant qu'"on ne peut pas s'en tenir à la description faite par le papier de Mediapart pour comprendre quel était l'intérêt de ce document".

 

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