Encore un effort contre le Sida

Un centre d'appel Sidaction[FRANCOIS GUILLOT / AFP]

L'incidence du VIH se maintient à un niveau stable en France, malgré l'important travail de prévention des associations, mis en lumière le 1er décembre à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le Sida.

 

Près de 8 000 nouvelles contaminations par an. C’est la triste estimation de l’Institut de veille sanitaire (INVS) concernant le Sida en France, alors qu’a lieu la journée mondiale de lutte contre la maladie. Malgré l’important travail de prévention effectué par les associations, mis en lumière ce lundi, l’incidence de l’épidémie reste donc stable depuis plusieurs années dans l’Hexagone.

Un phénomène qui s’explique notamment par une prise de conscience étiolée parmi les jeunes générations. Un récent sondage de la Smerep rappelle ainsi qu’un tiers des étudiants déclarent ne jamais utiliser de préservatif, et que la même proportion ne se fait pas dépister en cas de changement de partenaire. «Pour les jeunes nés dans un monde où des traitements existent contre le VIH, la terreur est bien moindre», explique Marc Dixneuf, directeur des programmes France de Sidaction. «On constate d’ailleurs une hausse des infections sexuellement transmissibles en général, car les jeunes ne perçoivent plus l’importance du préservatif».

 Autre motif d’inquiétude soulevé par le spécialiste, la méconnaissance des voies de transmission du virus. Le nombre de jeunes pensant qu’il existe un risque de contamination par une piqûre de moustique aurait ainsi augmenté.

 

Des dépistages trop rares

Prévention et protection ne sont pas les seules à faire défaut: le dépistage est également négligé. Marc Dixneuf explique ainsi que parmi la population homosexuelle âgée de 40 ou 50 ans, entrée dans la sexualité à l’époque où le sida suscitait la psychose, nombreux sont ceux à ne jamais s’être fait dépister. 

De son côté, Christian Andreo, de l’association Aides, explique que la transmission du virus a souvent lieu quand la personne vient d’être infectée et qu’elle ne le sait pas encore. Pour favoriser le dépistage et réduire ainsi les risques de contamination, il recommande d’impliquer un plus grand nombre d’acteurs dans la mobilisation. «Il faut qu’il y ait des relais dans la médecine générale, que toute une chaine de contacts contribue à délivrer un message commun», prône-t-il. 

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