Fromantin (UDI) : "La loi Macron va dans le bon sens"

Jean-Christophe Fromantin, député-maire UDI de Neuilly-sur-Seine [CARL LABROSSE/Ville de Neuilly-sur-Seine]

La loi Macron, soumise au vote des députés mardi, irrite l’aile gauche des socialistes. Mais se trouve par ailleurs des alliés dans l’opposition, à l’instar de Jean-Christophe Fromantin. Le député-maire UDI de Neuilly-sur-Seine estime que le texte, s’il n’est pas révolutionnaire, envoie des signaux positifs aux acteurs économiques.

 

Pourquoi voter la loi Macron ?

Le texte va dans le bon sens, même s’il n’a pas l’ambition que l’on aurait pu en attendre. Il a plutôt tendance à simplifier, accélérer et faciliter un certain nombre de dispositifs. Il ne faut donc pas que les postures politiciennes polluent les décisions. J’ai par ailleurs obtenu des amendements sur des points qui me paraissaient fondamentaux.

 

C’est le cas notamment sur le crédit inter-entreprises…

En France, les banques sont parfois réticentes à faire des prêts aux entreprises. Or, certaines structures ont beaucoup de trésorerie, tandis que d’autres n’en ont pas. L’idée était donc de permettre aux premières de prêter aux secondes.

Ce n’était pas facile à introduire car cela instaure une exception au monopole bancaire. Mais c’était aussi l’objet de ce texte : remettre en cause des rentes de situation et des systèmes préétablis.

 

Êtes-vous satisfait des mesures sur le travail le dimanche ?

La vraie grande disposition est la création des zones touristiques internationales (ouvertes tous les dimanches de l’année et jusqu’à minuit, NDLR). Cela permettra de reprendre du chiffre d’affaires qui, jusqu’ici, nous échappait et partait à l’étranger.

Concernant le dimanche, le fait de laisser aux élus la possibilité d’occtroyer ou non des jours d’ouverture supplémentaires et de le faire en fonction des réalités territoriales est une bonne approche.

 

Pourquoi la réforme du permis de conduire vous a-t-elle déçu ?

Le principal problème du permis de conduire est le manque de places d’examen pour l’épreuve pratique. J’avais donc proposé qu’on puisse la privatiser, comme le gouvernement va le faire avec le code. Finalement, celui-ci a choisi une solution de compromis, à mon avis peu efficace, qui est de recourir à La Poste pour faire passer l’épreuve pratique du permis B.

 

Quelle a été l’atmosphère pendant les débats ?

J’ai été sensible à la manière dont le texte s’est construit. Nous n’étions pas dans un exercice fermé. Les échanges avec le ministre de l’Economie m’ont rappelé ceux que nous pouvions avoir entre entrepreneurs, plutôt que ceux entre hommes politiques de bords différents.

Tout cela est intéressant et assez novateur tant les postures dogmatiques figées sont la règle habituellement. Là, nous étions davantage dans un exercice de travail en commun, tant en commission spéciale que dans l’hémicycle.

 

N’y a-t-il pas un risque politique à voter en faveur de ce texte alors que vous êtes élu de l’opposition ?

C’est un risque dans le microcosme politicien, ce qui m’importe peu. En réalité, le plus grand risque politique est celui de ne plus être en phase avec les attentes des Français. Pour moi, il est impensable que des dispositions concrètes et efficaces ne soient pas retenues car considérées comme risquées pour soi et sa carrière.

J’ai donc le devoir, lorsque cela va dans le bon sens, d’être constructif et de ne pas rester campé sur des postures politiciennes.

 

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