L’Etat dit non au racisme

Manuel Valls et Bernard Cazeneuve. [ERIC FEFERBERG / AFP POOL / AFP]

Education, justice, Internet… Le gouvernement va dévoiler vendredi ses mesures pour mieux combattre des actes haineux encore bien trop présents.

 

Branle-bas de combat. Un peu plus de trois mois après les attentats qui ont ensanglanté la France, le gouvernement attaque de front un fléau qui gangrène chaque jour un peu plus le pays.

Accompagné de Bernard Cazeneuve (Intérieur), Najat Vallaud-Bel­kacem (Education), Christiane Taubira (Justice), Fleur Pellerin (Culture) et ­Myriam El Khomri (Politique de la ville), Manuel Valls va présenter ce matin son plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Une annonce que le Premier ministre effectuera à Créteil (Val-de-Marne), où un jeune couple juif avait été visé en décembre par une terrible agression.

 

Une action générale

Doté d’une enveloppe devant avoisiner 100 millions d’euros, ce plan s’inscrit dans la lignée de l’action tous azimuts prônée depuis janvier par l’exécutif, et doit s’articuler autour de trois axes.

Le premier, pédagogique, va venir compléter les mesures faites par l’Education nationale et sa «grande mobilisation pour les valeurs de la République». ­Formation des professeurs à l’enseignement de la laïcité, signalements des comportements antirépublicains des élèves, valorisation des rites de la ­République dans les classes sont autant de pistes déjà lancées, de même que la réserve citoyenne, qui va permettre à des intervenants extérieurs de discuter de ces sujets avec les enfants.

Autre ­volonté de Manuel Valls, agir sur le plan judiciaire. François Hollande a promis, après les attentats, de durcir le ton face aux «propos de haine raciste, antisémite ou homophobe», avec des «sanctions plus rapides et plus efficaces».

Le caractère aggravant de la connotation antisémite d’un délit doit notamment être renforcé. Enfin, l’accent sera mis sur Internet, tribune privilégiée des commentaires racistes. Le président veut que soit instauré un cadre juridique international, et souhaite mettre les réseaux sociaux «devant leurs ­responsabilités».

 

Des chiffres alarmants 

La fermeté que veut afficher le gouvernement est un signal fort envoyé aux ­associations, qui s’inquiètent d’un climat de plus en plus pesant en France. Ainsi, avant même les attentats, au cours desquels des juifs ont été pris pour cible, le Crif avait recensé pour 2014 une hausse alarmante de 101 % des actes antisémites sur le territoire (851 contre 423 en 2013).

L’Observatoire national contre l’islamophobie a, quant à lui, rapporté jeudi que 222 actes antimusulmans ont été dénombrés au premier trimestre 2015, soit six fois plus que l’an dernier, à la même période.

Les autres actes racistes, ni antisémites ni antimusulmans, ont augmenté de 8,5 % (678 faits) en 2014, selon la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH).

Un récent sondage, qu’elle a mené avec BVA, montre que 43 % des Français ne se disent «pas racistes du tout», une proportion en hausse pour la première fois depuis 2010. Mais elle constate aussi que les «vieux clichés ­antisémites», les «préjugés anti-Roms», et le «rejet des pratiques liées à l’islam» restent toujours ancrés parmi les Français.

 

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