Rassemblement à Paris d'opposants à l'état d'urgence et à la déchéance de nationalité

Rassemblement d'opposants à l'état d'urgence, le 30 janvier 2016 à Paris [ALAIN JOCARD / AFP] Rassemblement d'opposants à l'état d'urgence, le 30 janvier 2016 à Paris [ALAIN JOCARD / AFP]

Environ un millier de personnes ont commencé à se rassembler samedi après-midi, place de la République à Paris, pour dénoncer l'état d'urgence et le projet de déchéance de nationalité.

Certains entendaient défiler sous la pluie jusqu'à la place du Palais-Royal, où se trouve le Conseil d'État, qui a refusé mercredi de suspendre l'état d'urgence. Les slogans se sont adaptés aux circonstances météorologiques : "le temps est pourri, le gouvernement aussi".

"Sous prétexte de lutte contre le terrorisme, nous vivons un coup d'état permanent marqué par l'arbitraire et la censure", a déclaré une manifestante qui dit s'appeler Camille. Quant au projet sur la déchéance de nationalité, c'est selon elle "une mesure raciste, qui revient à dire que certains sont plus français que d'autres".

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Les manifestants étaient réunis à l'appel des collectifs "Nous ne céderons pas" et "Stop état d'urgence", qui regroupent notamment des syndicats (CGT, FSU), des associations (Attac, Droit au logement, Droits devant, MRAP) et des organisations de défense des droits de l'homme (FIDH).

Ils demandent la levée immédiate de l'état d'urgence, instauré après les attentats du 13 novembre 2015, et l'abandon du projet de déchéance de nationalité pour les personnes condamnées pour des activités terroristes, "des mesures qui heurtent et mettent à mal nos libertés au nom d'une hypothétique sécurité", selon un communiqué des collectifs. C'est sur ce "désaccord politique majeur" que la garde des Sceaux Christiane Taubira a démissionné mercredi.

Outre le défilé parisien, des manifestations étaient prévues samedi dans 70 villes en France. Une centaine de personnes ont défilé à Pau et Bayonne en fin de matinée, selon la préfecture. Ces manifestations sont organisées alors que le gouvernement veut prolonger de trois mois supplémentaires l'état d'urgence, qui devait prendre fin le 26 février. Le projet est présenté mercredi en conseil des ministres.

"On fait d'une loi d'exception une loi permanente", a dénoncé samedi sur France Inter le président d'honneur de la Ligue des droits de l'homme (LDH), Henri Leclerc, qui appelle à participer aux manifestations, "expression citoyenne face à la majorité de l'opinion publique". Près de sept Français sur dix - 69% - sont favorables à la prolongation de l'état d'urgence, selon un sondage YouGov pour le Huffington Post et iTÉLÉ, publié le 13 janvier.

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