Pollution : l’urgence est dans l’air

Face à des pics de plus en plus réguliers, les autorités tentent de faire changer les habitudes des citadins. [GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP]

Le niveau de particules fines est au plus haut depuis maintenant plusieurs jours. Une situation préoccupante qui pousse les autorités à agir.

Les yeux qui piquent, la gorge irritée... Depuis le début de la semaine, les désagréments de la pollution se font sentir en France. De fait, par son ampleur, il s’agit d’un épisode exceptionnel, puisqu’il ne concerne pas que les grandes villes. Les deux tiers nord du pays et tout l’Est sont ainsi touchés.

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La concentration en particules fines dépasse les 50 microgrammes par mètre cube d’air, soit le niveau de déclenchement de la première procédure d’urgence, contre moins de 20 en temps normal. Et si la situation devrait s’améliorer d’ici à quelques jours, l’épisode illustre un problème de fond contre lequel l’Etat et les collectivités se mobilisent.

Les voitures dans le viseur

Première cible des mesures d’urgence : la circulation automobile, responsable de la pollution en ville. Paris, Lyon et Grenoble ont donc adopté, en début de semaine, la circulation différenciée, qui a été levée depuis hier soir dans les deux premières villes.

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Plus adaptée que la circulation alternée, elle cible les véhicules les plus polluants. «Elle offre un levier d’action plus fort», estime Charles Kimmerlin, ingénieur prévisionniste chez Airparif. Elle devrait d’ailleurs, à plus long terme, se durcir en incluant de plus en plus de voitures en cas de pic de pollution plus élevé. Cette mesure est couplée à des offres incitant à prendre les transports en commun. Les solutions alternatives – vélos en libre-service et voitures électriques – poursuivent, quant à elles, leur développement.

Les autres responsables de l’épisode de pollution sont le chauffage d’habitation et l’industrie. En Ile-de-France, le préfet a interdit lundi l’usage du bois pour le chauffage d’appoint et d’agrément. Mais dans le reste du pays, les engagements ne vont pas aussi loin. Arrêt du sport en extérieur, vitesse réduite, interdiction de brûler les déchets verts… ils visent plus à protéger les populations qu’à agir sur la pollution elle-même.

Un problème sanitaire de fond

Face à des pics de plus en plus réguliers, les autorités tentent de faire changer les habitudes des citadins. Pour favoriser la marche, Paris lance ainsi un plan piéton d’ici à 2020, qui  existe déjà à Strasbourg ou Grenoble.

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Si ces mesures sont prises, c’est que l’impact de la pollution sur la santé des Français est grand, notamment chez les populations les plus sensibles, comme les enfants, les personnes âgées, les asthmatiques et les malades du cœur ou des poumons. Selon l’agence nationale Santé publique France, c’est la troisième cause de mortalité évitable, avec 48 000 décès par an, soit 9 % de la mortalité nationale totale.

Ce mal invisible a aussi un coût financier exorbitant. Selon la commission d’enquête du Sénat, il coûte chaque année 100 milliards d’euros, dont 20 à 30 milliards liés aux dommages sanitaires. De quoi donner au  gouvernement l’envie de prendre le problème en main.

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