Le PS saura-t-il se relever ?

Si l’unanimité règne pour faire barrage au FN au deuxième tour, l’interrogation est de mise pour l’après-présidentielle et notamment les législatives. [© T_REYNAUD_SIPA]

Face à un score d'une faiblesse quasi-inédite, la famille socialiste se questionne sur son avenir et doit tenter de retrouver une ligne commune.

Une famille politique sous le choc. Le drame de dimanche - les 6,36% de Benoît Hamon - a ouvert une plaie béante au PS. Si bien que les socialistes, pris en étau entre la dynamique Jean-Luc Mélenchon et le tour de force d’Emmanuel Macron, cherchent plus que jamais leur place.

Si l’unanimité règne pour faire barrage au FN au deuxième tour, l’interrogation est de mise pour l’après-présidentielle et notamment les législatives. Avec, en toile de fond, la question de l’avenir du parti.

Une déroute annoncée

Dès son discours, dimanche soir après la défaite, Benoît Hamon a dit mesurer «la sanction historique […] exprimée envers le PS». Son score, le deuxième plus faible de l’histoire des socialistes après les 5,01 % de Gaston Deferre en 1969, n’a pas totalement surpris les cadres du parti. 

Car, depuis l’élection de François Hollande, en 2012, le PS est en proie à de féroces luttes internes. «Ces résultats marquent la fin d’une époque», a pris acte le premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis. En cause : l’affrontement de trois lignes difficiles à concilier.

D’une part celle incarnée par les «frondeurs» proches de Benoît Hamon, victorieuse lors de la primaire de la gauche en début d’année, mais aujourd’hui marginalisée. D’autre part celle de ceux, à l’instar de Stéphane Le Foll, souhaitant un PS social-démocrate, dans la ligne de François Hollande. Enfin, le courant Valls, à l’aile droite, avec lequel la rupture semble consommée.

Les doutes qui entourent l'avenir du parti sont tels que de nombreux élus socialistes quittent le navire. Certains, à l'instar de Christophe Castaner, Richard Ferrand ou encore Stéphane Travert se sont mis d'ailleurs en Marche avant même le premier tour. Un mouvement qui pourrait s’amplifier d’ici aux législatives, s’il parvient à accéder à l’Elysée. Sur ce point, d’ailleurs, plusieurs cadres du PS souhaitent confier les rênes de l’élection à Bernard Cazeneuve, poids lourd respecté au sein de la majorité, pour mobiliser.

Un futur encore flou

Au sein du parti, les regards sont à présent tournés vers les 11 et 18 juin. «Le PS a perdu une bataille mais pas la guerre», a ainsi voulu relativiser l’ex-ministre Pierre Moscovici. Le parti compte en effet s’appuyer sur son maillage territorial pour faire un bon score aux législatives.

Le mode de scrutin est d’ailleurs favorable aux partis dits «traditionnels» comme le PS. A titre d’exemple, seuls dix députés de la gauche radicale avaient été élus en 2012, alors que Jean-Luc Mélenchon avait fait un bon résultat (11,10 %) à la présidentielle. 

L’avenir du parti pourrait ensuite dépendre du congrès interne, prévu à l’automne. Tout l’enjeu sera alors de clarifier la ligne et de rassembler. Le PS «n’est pas mort. Il est en crise, ce qui est différent», a ainsi résumé hier Jean-Christophe Cambadélis. 

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