Le «chemsex», ou sexe sous drogues : la tendance inquiète

Les substances les plus utilisées pour pratiquer le «chemsex» sont le gamma-hydrox butyrate (GHB), le gamma-butyro lactone (GBL), et le crystal meth. Photo d'illustration. [CC / Kate Ter Haar].

Dans un éditorial publié le mardi 3 novembre, le British Medical Journal, une revue scientifique britannique, met en garde contre la consommation de drogues chimiques pendant l’acte sexuel. 

Connue sous l’abréviation «Chemsex» (contraction des mots anglais «chemical» pour «chimique» – et sexe), l’utilisation de substances psychotropes ou de drogues de synthèse lors d’un rapport sexuel est particulièrement courante chez les hommes homosexuels, souligne le journal.

Mais selon les auteurs de l'éditorial, les adeptes de cette pratique peuvent développer un problème de dépendance qui peut conduire à de sérieux problèmes de santé mentale, aux conséquences irréversibles.

Les substances mises en cause

Les substances les plus utilisées pour pratiquer le «chemsex» sont le gamma-hydrox butyrate (connu sous le nom de GHB, parfois appelée «drogue du violeur»), le gamma-butyro lactone (GBL), et le crystal meth.

Prises ensemble, ces substances créent un sentiment d'euphorie et d'inhibition. Elles accélérent le rythme cardiaque et augmentent la pression sanguine. Les utilisateurs rapportent qu'ils les prennent dans un but récréatif pour perdre toute retenue pendant l’acte sexuel.

Un risque beaucoup plus élevé de contracter le VIH

Le «Chemsex» pourrait en outre accentuer de façon massive les infections par le VIH, le virus responsable du sida. En effet, plongés dans un état second, les usagers ont plus tendance à avoir des relations sexuelles non protégées. De plus, ils peuvent ne pas manger ou dormir pendant de longues périodes pouvant parfois aller jusqu’à 72 heures. Des «black out» qui peuvent retarder d’autant la prophylaxie post-exposition au VIH (un traitement d’urgence qui diminue les risques de contamination et qui doit être pris dans les 48 heures ndlr).

Manque d’information et de moyens

Les auteurs de l’étude pointent également du doigt la méconnaissance qu’ont certains professionnels de santé par rapport au «chemsex». Il faudrait selon eux mettre en place des services spécialisés qui pourraient fournir de plus amples informations concernant la pratique, ce qui serait bénéfique pour les utilisateurs, les cliniciens et les chercheurs. Le manque de données est préjudiciable au personnel médical et a un impact significatif direct sur les personnes pratiquant le «chemsex», indiquent-ils.

«Une plus grande interaction entre les médecins spécialisés en pathologies sexuelles et les différentes structures médicales serait également nécessaire afin de garantir la meilleure prise en charge et le meilleur soutien possibles des personnes touchées par le chemsex», ajoute Jamie Willis, l’un des co-auteurs de l'étude. Le scientifique déplore aussi le manque de moyens mis à disposition des hôpitaux et cliniques pour traiter les personnes malades du «chemsex» alors que cette pratique devient un problème de santé majeur.  Aux Etats-Unis par exemple, 1 % des lycéens de Première ont déjà utilisé du GHB.

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