Agriculture : un secteur en plein désarroi

En 2016, alors que le revenu moyen des agriculteurs était de 1 166 euros, près d’un tiers d’entre eux gagnait moins de 350 euros par mois.[AFP]

Le malaise est dans le pré. Au vu des manifestations à répétition menées dernièrement par les agriculteurs, c’est dans un contexte explosif que va s’ouvrir l’événement. Pas plus tard que cette semaine, à l’appel des syndicats, les professionnels du secteur ont battu le pavé dans tout le pays, afin d’alerter le gouvernement sur leur situation.

Principal motif de la grogne : le possible feu vert de l’Etat à un accord de l’Union européenne avec des pays d’Amérique du Sud, qui pourrait faire entrer, sans droits de douane, des milliers de tonnes de viande bovine sur le territoire français. Le milieu protestait également contre la nouvelle carte des zones agricoles défavorisées, qui mettrait en péril 1 400 commu­nes, en les excluant d’une sub­vention spécifique.

Une profession en difficulté

Ces dossiers s’ajoutent à une situation déjà très difficile. En effet, la part de l’agriculture dans le PIB, de même que le nombre d’exploitations sur le territoire, n’ont cessé de reculer depuis la fin des années 1980. Si les filières d’élevage parviennent à sortir la tête de l’eau, les céréaliers doivent, de leur côté, faire face à l’effondrement des cours mondiaux et à la concurrence accrue de pays émergents. Avec, à la clé, toujours plus de précarité.

En 2016, alors que le revenu moyen des agriculteurs était de 1 166 euros, près d’un tiers d’entre eux gagnait moins de 350 euros par mois. Et les conséquences sont parfois dramatiques : au cours de l’année 2016, un agriculteur s’est suicidé tous les deux jours dans l’Hexagone, soit un taux supérieur de 20 à 30 % à la moyenne nationale. Une situation alarmante, qu’Emmanuel Macron a tenté d’apaiser, hier, en recevant à l’Elysée un millier de jeunes agriculteurs. A cette «nouvelle génération agricole», le président a promis un nouveau dispositif d’un milliard d’euros de prêts, la création de «verrous réglementaires» sur les achats de terres par des pays étrangers, mais aussi qu’«il n’y aura jamais de bœuf aux hormones en France». Avant de prôner la nécessaire «révolution culturelle» de la profession.

 

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