Affaire Maëlys : l’avocat des parents «ulcéré» par le silence de Nordahl Lelandais

Les avocats Fabien Rajon à droite et Camille Chatelain à gauche, et au centre, Joachim et Jennifer de Araujo, parents de Maëlys, le 28 septembre 2017. [JEFF PACHOUD / AFP]

Fabrice Rajon, l’avocat des parents de la petite Maëlys, est scandalisé par l’attitude de Nordahl Lelandais, qui a refusé de parler aux enquêteurs jeudi, prétextant ne pas se sentir en état de répondre à leurs questions.

La famille de Maëlys veut des réponses, mais Nordahl Lelandais joue avec leurs nerfs. «Je suis ulcéré par l’attitude du mis en cause qui refuse de s’expliquer quant aux circonstances de la mort de l’enfant», a déclaré jeudi soir Maître Rajon à propos de Nordahl Lelandais, dans les colonnes du Dauphiné Libéré.

«La thèse accidentelle ne convainc personne et visiblement pas le mis en cause lui-même, qui s’avère incapable donner la moindre explication à ce sujet. Ce nouveau silence constitue une injure manifeste faite aux proches de la jeune victime», a-t-il poursuivi.

Un interrogatoire écourté

L’interrogatoire n’aurait duré qu’une dizaine de minutes. Nordahl Lelandais a affirmé ne pas être en état de répondre aux questions, réclamant un peu de temps et assurant qu’il finirait par s’expliquer sur le meurtre de Maëlys.

Les enquêteurs ne croient pas à la thèse de l'accident avancée par l'ancien militaire, qui a avoué avoir tué Maëlys, mais prétend l'avoir fait accidentellement. Ces derniers fondent leurs espoirs sur les analyses scientifiques pour mettre le meurtrier présumé face à ses contradictions, et un scénario se dessine malgré tout.

A force de persévérance, les gendarmes ont fini par retrouver des micro-gouttelettes du sang de Maëlys, qui se sont glissées dans des parties moins visibles du coffre de la voiture, que les enquêteurs ont désossée. Nordahl Lelandais avait pourtant passé plus de deux heures à nettoyer son coffre (un détail déjà suspect aux yeux des enquêteurs), mais la police scientifique est parvenue jusqu'à cette preuve infaillible. Une source proche du dossier a fait savoir au Dauphiné Libéré que Maëlys avait sans doute «perdu beaucoup de sang» après avoir été tuée.

La science pourrait parler

«Les analyses de police scientifique, en lien avec le travail d’enquête, laissent espérer d’autres avancées dans l’enquête», assurait Yves Marzin, à la tête du groupement de gendarmerie de l’Isère, dans une interview au Dauphiné Libéré.

«Les experts de l’IRCGN qui sont désormais en possession de tous les éléments matériels tels que les ossements, les vêtements, etc, ont l’intention d’aboutir à un certain nombre d’enseignements dans un délai de trois à cinq semaines», ajoutait lors du même entretien Didier Plunian, commandant de la section de recherches de Grenoble.

Nordahl Lelandais reste hospitalisé en psychiatrie, «dans une cellule individuelle, capitonnée et surveillée», les médecins redoutant qu’il ne tente de mettre fin à ses jours.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles