L’avocat de Jonathann Daval reconnaît ne pas avoir «respecté certains usages»

«Peut-être que des choses ont été mal faites et mal dites mais au moment où nous gérons, rien n'est écrit», a déclaré Randall Schwerdorffer. [Capture d'écran RMC]

Invité de l’émission «Le Grand oral des GG», sur RMC, l’avocat de Jonathann Daval, Me Randall Schwerdorffer, est revenu sur la polémique autour de ses déclarations après les aveux fracassants de son client.

Jamais avocat n’aura tant fait parler de lui. Randall Schwerdorffer, qui a récemment fait l'objet d'un portrait dans Libération -dont il rejeté le contenu en bloc-, a conscience d'avoir fait certains dérapages malheureux, mais il assume malgré tout ses paroles et sa ligne de défense. Ce lundi 26 février sur RMC, l’avocat a expliqué le contexte particulier dans lequel ces déclarations ont été prononcées.

«Dès le début de cette garde à vue, il y a eu une violation manifeste du secret de l'instruction. Tous les éléments de preuves, dès 11 heures du matin, sont dans le journal Le Point, à 19h, tous les éléments de preuve sont dans Le Parisien. On va communiquer sur des éléments en principe secrets mais que tout le monde connait et qui sont des preuves accablantes», rappelle-t-il.

«Peut-être que des choses ont été mal faites et mal dites mais au moment où nous gérons, rien n'est écrit», poursuit Randall Schwerdorffer. «Donc on fait spontanément ce qu'on pense être dans l'intérêt de Jonathann et dans l'intérêt de la famille d'Alexia, parce qu'il fallait aussi annoncer ces aveux et ça nous paraissait le bon moment».

«C'est un choix et j'assume ce choix»

Le pénaliste reconnaît néanmoins une erreur de timing, bien qu’il ne dévie pas de sa trajectoire assumée : «J'ai conscience aussi que nous n'avons pas respecté certains usages, notamment comme celui de laisser l'initiative des déclarations au procureur de la République. C'est un choix et j'assume ce choix», a-t-il déclaré. Après avoir convoqué la presse, la procureure de Besançon, Mme Roux-Morizot, avait en effet dénoncé les «violations répétées et inadmissibles du secret de l'instruction», déplorant également une «folie médiatique» autour de l'affaire.

Juste après les aveux inattendus de son client Jonathann Daval, le 30 janvier dernier, Randall Schwerdorffer avait tenu des propos très controversés devant les caméras de télévision, évoquant la «personnalité écrasante» d’Alexia Daval. «C'est un couple dont malheureusement l'un des conjoints était violent mais ce n'est pas celui auquel on pense, c'est à dire qu'Alexia, en période de crise, pouvait avoir des accès de violence extrêmement importants à l'encontre de son compagnon», avait-il lancé, devant les journalistes.

Des propos que Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes, avait aussitôt jugés «proprement scandaleux». Les réseaux sociaux eux aussi, n'avaient pas manqué de scander leur indignation, à un moment où la stupeur et la colère, face à ce crime inattendu, étaient de mise. Mais l'avocat campait là encore sur ses positions, estimant que la secrétaire d'Etat «s'excitait toute seule».

Récemment, dans un entretien accordé à Libération, Randall Schwerdorffer avait à nouveau fait parler de lui en tenant des propos polémiques. «Cette fille-là, à son âge et vu ses attentes, il lui fallait un mec. Un vrai mec. Un mec qui assurait. Et elle, elle lui reprochait : 'T'es impuissant, tu bandes pas, t'es une merde'», avait déclaré l'avocat, qualifiant à nouveau Alexia de «dominante», face à qui l'homme «dégage» s'il «n'est pas au niveau».

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