Affaire Daval : «Il lui fallait un mec, un vrai mec», estime l’avocat de Jonathann

«Cette fille-là, à son âge et vu ses attentes, il lui fallait un mec. Un vrai mec. Un mec qui assurait», estime Randall Schwerdorffer, avocat de Jonathann Daval.[SEBASTIEN BOZON / AFP]

Pour Randall Schwerdorffer, objet d’un portrait dans Libération, Alexia et Jonathann Daval étaient «des gens pas faits pour être ensemble» car la jeune femme avait besoin «d’un vrai mec».

«Cette fille-là, à son âge et vu ses attentes, il lui fallait un mec. Un vrai mec. Un mec qui assurait. Et elle, elle lui reprochait : 'T'es impuissant, tu bandes pas, t'es une merde'», a déclaré l’avocat dans un entretien accordé à Libération.

«T'es au niveau ou tu dégages»

Et de décrire sa propre femme, avocate d’affaires et semblable, selon lui, à la victime de son client. «J’ai une femme solide, une femme de tête, une belle femme, un peu comme Alexia», dit-il. «C’est une dominante, et moi aussi», poursuit-il. Selon lui, la femme dominante «fait des concessions à sa liberté si elle estime que ça le mérite». En résumé, «t’es au niveau ou tu dégages». Elle ne devient «écrasante» que si «elle a pris un compagnon plus faible». Raison pour laquelle, selon Me Randall Schwerdorffer, Alexia et Jonathann Daval étaient «des gens pas faits pour être ensemble».

Le conseil de Jonathann Daval est revenu sur cette journée riche en rebondissements du 30 janvier dernier. La veille, son associée, Me Ornella Spatafora, lui montre les preuves accablantes qui ont fuité dans la presse. «Qu’est-ce que c’est que cette merde ?» se demande alors l’avocat, qui déteste les réseaux sociaux.

Le lendemain, le 30 janvier, le jour où tout a basculé, Jonathann s’obstine à nier. Mais l’avocat sait. Et c’est ainsi qu’il lance, devant les caméras de télévision braquées sur lui : «Jonathann n’est pas soupçonné par hasard». Des déclarations qui provoqueront un tollé, notamment dans la profession, qui reproche au pénaliste d'avoir brisé le secret de l'instruction.

«Je lui éclate la gueule en trois minutes»

Dans la foulée, Randall Schwerdorffer retourne voir Jonathann Daval, bien décidé à bousculer l'informaticien de 34 ans, qui ment à ses avocats depuis trois mois, à son entourage, sous le choc depuis ses aveux, ainsi qu'à tous les habitants de Gray et à sa belle-famille. «Je lui éclate la gueule en trois minutes pour lui dire : "Là, maintenant, c’est fini."» L’avocat prévient les familles pour «être propre», et retourne parler à la presse, passant ainsi devant la procureure de Besançon, qui n'appréciera pas sa façon de faire.

Mais Schwerdorffer a ses raisons et les assume pleinement. «Il fallait désamorcer l’image de salaud qu’on allait se prendre en pleine gueule», argumente-t-il. Parce qu'après avoir défendu «des vrais salauds», il estime que son client «n’en est pas un». Il se lancera ainsi dans la «stratégie d’humanisation de son client», évoquant un jeune homme «rabaissé» et «un accident», et provoquant un véritable séisme sur les réseaux sociaux.

D’après Schwerdorffer, «le féminisme au ras des pâquerettes de Schiappa», qui a «déformé nos propos pour faire un coup politique», n'a pas aidé. Le conseil cite Desproges pour appuyer ses dires, et ne mâche pas ses mots : «"Les avis, c’est comme les trous du cul, tout le monde en a un." Et tous les trous du cul ont donné leur avis».

«J’ai raté ma com, ça va être compliqué au procès», reconnaît l'avocat, qui persiste malgré tout à penser que sa stratégie était la bonne. «A chaque fois que je m’exprime, je crée une nouvelle polémique sans le vouloir», explique-t-il.

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