Egalité femmes-hommes : Edouard Philippe appelle l'ensemble de la société à s'impliquer

Edouard Philippe a appelé l'ensemble de la société à s'impliquer dans la promotion de l'égalité femmes-hommes.[Ludovic MARIN / AFP]

Professeurs, artistes ... Edouard Philippe a appelé l'ensemble de la société à s'impliquer dans la promotion de l'égalité femmes-hommes, ce jeudi, à l'issue d'un comité interministériel qui a adopté plusieurs dizaines de mesures.

«La promotion de la culture de l'égalité entre les femmes et les hommes ne se fera pas seulement par des déclarations officielles, des discours ex catedra à l'école», a souligné le Premier ministre devant la presse, en cette journée internationale des droits des femmes. «Il faut que tous ceux qui ont quelque chose à dire dans la société s'en saisissent», a-t-il dit en citant professeurs, artistes, et «toute la production culturelle à destination de la jeunesse».

«Tout le monde a son rôle à jouer, quelle que soit sa place dans la société», a ajouté Edouard Philippe. Estimant que «tout commence à l'école» car c'est «au début du processus de socialisation que nous devons lutter contre les préjugés sexistes», le Premier ministre a confirmé qu'un «référent égalité serait nommé dans chaque établissement scolaire». Cette mesure doit prendre effet à la rentrée 2019, avait annoncé lundi le gouvernement.

Pour l'enseignement supérieur, l'objectif d'avoir 40% de filles dans les filières scientifiques d'ici 2020 a été fixé. Concernant la lutte contre les violences faites aux femmes, le chef du gouvernement a annoncé que «5.000 places d'hébergement seraient garanties en 2018» pour les victimes. Certains centres d'hébergement seront spécialisés pour la mise en sécurité de demandeuses d'asile victimes de violences ou de traite.

L'Etat de retour pour les femmes

«Notre mot d'ordre, c'est de dire que l’État est de retour pour les femmes», avait assuré la secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, mardi en clôturant un «Tour de France de l'égalité» lancé en octobre.

Cette consultation citoyenne a permis d'identifier une série d'initiatives locales qui vont être généralisées, a-t-elle dit. «Une cinquantaine de mesures» vont ainsi être présentées lors d'un comité interministériel jeudi, présidé par le Premier ministre Édouard Philippe.

Par exemple, un «référent égalité» sera nommé dans chaque établissement scolaire à la rentrée 2019, une initiative inspirée d'un lycée du Val-d'Oise.

Des contrats locaux seront par ailleurs signés entre préfets, magistrats, hôpitaux et associations pour mettre en place un système d'«alerte en réseau» destiné à mieux repérer les violences conjugales, comme cela se fait à Angoulême.

Une plateforme de géolocalisation des hébergements d'urgence des femmes victimes, accessible seulement par les professionnels (associations, urgentistes, travailleurs sociaux ...) sera développée pour les aider à trouver un refuge. «Deux mille places d'hébergement seront réservées courant 2018, avec un accompagnement pour ces femmes et leurs enfants», a précisé Marlène Schiappa, mercredi à l'Assemblée nationale.

Dans une tribune publiée par Libération, des associations regroupées dans #stopVFF (stop aux violences faites aux femmes) ont de leur côté demandé des «soutiens et moyens financiers supplémentaires» pour renforcer leurs actions.

Les écarts de salaires dans le viseur

Le gouvernement a déjà annoncé mercredi soir, à l'issue d'une consultation entre le Premier ministre Édouard Philippe et les partenaires sociaux, que les entreprises de plus de 50 salariés présentant des écarts «injustifiés» de salaires hommes-femmes seraient sanctionnées à partir de 2022. Elles seront passibles d'une pénalité financière pouvant aller jusqu'à 1% de leur masse salariale.

Cette mesure figurera dans la loi sur les réformes sociales (assurance chômage, apprentissage, formation professionnelle) que Muriel Pénicaud doit présenter en Conseil des ministres fin avril.

A partir de 2019, un logiciel dédié, libre de droit, sera déployé dans les entreprises de plus de 250 salariés, et dans celles de 50 à 249 d'ici 2020, pour détecter les écarts de salaires injustifiés. La ministre du Travail a fixé l'objectif de supprimer, «d'ici trois ans», l'écart salarial de 9% existant entre hommes et femmes à poste équivalent. «Cela fait 35 ans» que la loi garantissant le principe à travail égal, salaire égal «n'est pas respectée, c'est hallucinant», s'est-elle indignée.

Comme chaque année, un rassemblement est organisé jeudi à Paris Place de la République, pour protester contre les inégalités salariales, suivi d'une manifestation pour les droits des femmes.

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