Affaire Caubère : la plaignante, Solveig Halloin, témoigne

Solveig Halloin, la femme qui accuse Philippe Caubère de l'avoir violé en 2010, témoigne pour la première fois à visage découvert [Capture HuffPost]

L'homme de théâtre Philippe Caubère est visé par une enquête du Parquet de Paris, accusé de viol pour des faits qui remontent à 2010. Pour la première fois à visage découvert, la victime présumée, Solveig Halloin, témoigne.

Dans une interview donnée au HuffPost, la dramaturge décrit sa rencontre, les échanges avec le comédien et metteur en scène Philippe Caubère, puis l’emprise psychologique jusqu’au viol qu’elle dit avoir subi.

Solveig Halloin raconte avoir rencontré pour la première fois le metteur en scène, en 2010, à Toulouse, après la représentation d’une pièce à laquelle il avait collaboré. «Moi j’étais très impressionnée, se souvient-elle, j’étais face à quelqu’un qui représentait beaucoup pour moi». Le sexagénaire l'invite à boire un verre et lui demande son numéro. «A partir de là, le cauchemar a commencé.»

«Je ne vivais plus qu'à travers Caubère»

Depuis cette rencontre, la jeune femme, qui vit à Toulouse, est très régulièrement sollicitée. «Il enchaîne les textos mièvres et romantiques, soutient-elle, qui se transforment très vite en messages intrusifs puis salaces, il m'appelle sans cesse.» Elle le rejoint une première fois à Paris, où elle confie avoir été physiquement agressée : «Il m’a écarté les cuisses tellement brutalement que j’ai fait une déchirure. J’ai eu mal.» 

La jeune femme est bouleversée par la nature de cette relation, qu'elle considérait d'un point de vue artistique : «J’ai commencé à appeler de l’aide, j’ai pas trouvé d’aide», se rappelle-t-elle, «une part de moi était totalement sous emprise d’un truc que je ne connaissais pas mais qui était hyper puissant». 

En mars 2010, alors que Philippe Caubère donne une représentation à Béziers, elle le retrouve dans sa chambre d'hôtel. «Il me demande immédiatement de me déshabiller, ce que je ne fais pas. Je reste assise au bord du lit. Philippe Caubère me déshabille donc. Il est en érection. Il commence à me frapper, à m'étrangler, et à me frapper à nouveau. [...] Malgré mes efforts, je n'ai plus de souvenirs de la suite des événements, puis que je me retrouve dans un parc, et enfin dans un train. Rentrée à Toulouse, je vis recluse, traumatisée.»

La quarantenaire, devenue militante féministe et animaliste, a finalement décidé de briser le silence : «J'ai attendu huit ans qu'une femme, victime de Philippe Caubère, ait le courage de parler, me promettant que si l'une d'elles déposait plainte, je le ferai à mon tour». 

Aujourd'hui, Philippe Caubère nie le viol dont il est accusé, un acte «faux» et «surréaliste». «J'ai eu une relation sexuelle et amoureuse dont il me reste d'ailleurs quelques traces, des e-mails», a réagi le dramaturge, ajoutant que cette relation était «plus que consentante, c'était une relation désirée, mutuelle». 

Le 27 mars dernier, Solveig Halloin a déposé plainte auprès du parquet de Béziers, avant que l'affaire ne soit transferée au Parquet de Paris, plusieurs événements de l'affaire s'étant déroulé dans la capitale. Une enquête est en cours depuis le 18 avril.

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