Tout savoir sur François de Rugy, nommé ministre de l'Écologie

Président de l'Assemblée nationale, «écolo pragmatique» rallié récemment à Emmanuel Macron, qui est François de Rugy, le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire ? 

La nomination se fait sans grande surprise pour le président du Palais Bourbon, élu de Loire-Atlantique qui a bâti toute sa carrière politique sur la défense de l'écologie. Issu d’une famille anoblie en 1765, François Goullet de Rugy est né en 1973 à Nantes. Il y effectue ses études secondaires au lycée Guist’hau, avant d'intégrer Sciences Po Paris, d'où il ressort diplômé en 1995.

A l'Assemblée nationale depuis 1997

Tandis qu’il poursuivait encore ses études supérieures, François de Rugy, fervent défenseur de la cause écologique, adhère à Génération écologie, un parti fondé par, entre autres, Jean-Louis Borloo et Noël Mamère. Il quitte le mouvement en 1994 pour fonder sa propre association, Ecologie 44, qu’il présidera jusqu’en 1999.

En 1997, à 23 ans seulement, il brigue pour la première fois la députation dans la 3e circonscription de la Loire-Atlantique sous l’étiquette des Verts (renommé Europe Ecologie Les Verts en 2010), mais s’incline face au député sortant, qui n'était autre que Jean-Marc Ayrault. Malgré cette première défaite, l'écologiste effectue son entrée à l’Assemblée nationale, et est nommé secrétaire général adjoint du «Groupe radical, citoyen et vert».

Parallèlement à ses fonctions de secrétaire parlementaire, François de Rugy reste très impliqué dans sa commune d’origine, et gravit les échelons de la politique locale : d’abord conseiller municipal de Nantes dans le groupe des Verts en 2001, il devient ensuite adjoint au maire, puis vice-président de la communauté urbaine Nantes Métropole.

L'un des six plus jeunes députés élus en 2007

Sa deuxième tentative pour accéder aux bancs rouges de l’Assemblée nationale fut la bonne. Investi en 2007 par les Verts, mais également soutenu par le Parti socialiste, François de Rugy remporte la 1ere circonscription de Loire-Atlantique, évinçant le député sortant. Âgé de 33 ans à son arrivée en tant que député dans l’hémicycle et comptant parmi les six plus jeunes élus, il sera désigné secrétaire de séance lors de l’élection du président de l’Assemblée cette année-là.

Réélu député en 2012, il sera préféré à Noël Mamère pour prendre la présidence du groupe parlementaire des écologistes. Il présidera en tandem avec Barbara Pompili, puis Cécile Duflot. 

Dix-huit ans après avoir adhéré à Europe Ecologie Les Verts, le député décide de claquer les portes du parti en 2015, dénonçant des «dérives gauchistes» dans les colonnes du Monde. Il annonce dans la foulée la création de son propre mouvement, sobrement nommé le Parti écologiste.

Toujours membre du groupe parlementaire écologiste à l'époque malgré son départ du parti, le député nantais est contraint d'en quitter la co-présidence lorsqu'il accède au poste de troisième vice-président de l’Assemblée nationale au côté de Claude Bartolone. Il cède sa place à Cécile Duflot.

Un ralliement à emmanuel Macron, ticket pour le perchoir

En sa qualité de président du Parti écologiste, le député de Nantes dépose sa candidature à la primaire citoyenne de gauche en vue de l'élection présidentielle de 2017, et revendique son ambition de mettre le projet écologique au cœur du dialogue politique. Quasiment inconnu du grand public, il ne remportera que 3,82% des voix à l’issue du scrutin, un score insuffisant pour accéder au second tour.

Avant même la tenue du premier tour de ces primaires, le candidat écologiste s’était engagé à soutenir le vainqueur de la primaire. Mais après l'élection de Benoît Hamon, il décide de se ranger derrière Emmanuel Macron en février 2017, un choix largement critiqué dans les rangs du Parti socialiste. Officiellement «En Marche !», l'ancien candidat s'est investi dans la campagne de celui qui deviendra président, aussi bien lors de ses apparitions dans les médias que sur le terrain, principalement dans l'Ouest de la France.

Quelques mois plus tard, en mai, il quitte définitivement le groupe parlementaire des écologistes avec cinq autres députés pour intégrer celui des socialistes. Ce départ causera la destruction du groupe à l'Assemblée nationale. Après l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, François de Rugy a été réélu pour la troisième fois dans sa circonscription nantaise, sous l'étiquette d'En Marche !.

Il est nommé dans la foulée président de l'Assemblée nationale, devenant ainsi l'un des plus jeunes titulaires à ce poste à seulement 43 ans. Le Nantais ne s'est pas ménagé au perchoir, en portant notamment la très impopulaire réforme constitutionnelle - qui prévoit entre autres une diminution du nombre de députés et sénateurs et l'introduction d'une part de proportionnelle aux élections. Une réforme clivante qui s'ajoute à la longue liste de votes sensibles tenus cette année au Palais Bourbon, de la réforme de la SNCF à la loi asile et immigration

Celui qui s'était plusieurs fois engagé à remettre son mandat en jeu à mi-mandat quitte donc désormais la présidence du Palais Bourbon après un impressionant marathon parlementaire pour remplacer Nicolas Hulot. Faire mieux que son populaire prédécesseur, c'est le défi de taille qui attend à présent ce fervent défenseur de la sortie du nucléaire et du développement des énergies renouvelables dans l'Hexagone. 

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