La radicalisation islamiste dans le viseur

Extrait d'une campagne contre la radicalisation islamiste lancée par le gouvernement en janvier 2015. Extrait d'une campagne contre la radicalisation islamiste lancée par le gouvernement en janvier 2015. [© JOEL SAGET / AFP]

Alors que la menace jihadiste plane toujours, les autorités veulent impliquer davantage les responsables locaux.

Toujours mobilisés. Alors que le pays rendait hommage, ce mardi, aux victimes des attentats du 13 novembre 2015, qui ont fait 130 morts, la lutte contre le terrorisme et la radicalisation islamiste reste au cœur de toutes les attentions.

Dans un contexte où la ­menace est plus diffuse, les services de renseignement demeurent sur le qui-vive. Car, s’ils ont affiné leurs ­méthodes de détection, certains individus à risque parviennent toujours à passer au travers des mailles du filet. De nouvelles mesures ont donc été prises pour y remédier.

Des dérives à prévenir

A travers une circulaire signée ce mardi, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a ainsi voulu ­développer le partage d’informations entre les maires et les préfets. Dans les faits, une commune sera avertie si un danger potentiel est repéré sur son ­territoire en cas d’organisation d’événements publics.

Le texte permettra également à un maire, ayant signalé le comportement suspect d’une personne, d’être informé des suites du dossier. De même, il saura si l’un de ses agents municipaux est suspecté de ­fanatisme religieux afin, notamment, de le tenir éloigné d’un public sur ­lequel il pourrait propager son idéo­logie. Les postes en lien avec les ­enfants seront particulièrement surveillés, tels que ceux des éducateurs ou des employés de crèche.

Le système éducatif va d’ailleurs, lui aussi, être davantage impliqué, avec la diffusion, mardi, d’un guide à destination des enseignants, pour les aider à repérer et à ­répondre à la radicalisation chez les plus jeunes. Publié par deux ONG ayant ­travaillé en lien avec le ministère de l’Education nationale, il doit permettre de ­reconnaître les signes d’une pratique dangereuse de l’islam. Les cas de figure rencontrés le plus ­souvent par les professeurs sont ainsi abordés, comme l’adhésion à un discours complotiste, le refus des activités mixtes ou des ­paroles haineuses à l’encontre des ­sociétés occidentales.

«Cela peut aussi se traduire par le refus d’aller en cours de musique et d’arts plastiques durant le ramadan, ou de se faire dispenser de cours de SVT lorsque l’on aborde le sujet de la sexualité», ­décrit Grégor Mathias, auteur de La stratégie française de lutte contre le terrorisme. «Ce sont des signaux faibles, et leur ­accumulation va donner des informations aux services de renseignement», explique-t-il. La DGSI, justement, bénéficiera en 2019 d’un budget renforcé de 20 millions d’euros et de la création de 1 900 postes nouveaux, sur les 10 000 qui seront créés dans les forces de l’ordre, a annoncé récemment Laurent Nunez, secrétaire d’Etat auprès du ­ministre de l’Intérieur.

UN DANGER PERSISTANT

Si le gouvernement a décidé d’amplifier les échanges entre acteurs locaux et autorités, c’est que la menace terroriste continue d’inquiéter. Six projets ­d’attentats islamistes ont été déjoués en 2018, a rappelé dimanche le secrétaire d’Etat.

A cela s’ajoutent les ­attaques du 23 mars à Carcassonne et du 12 mai à Paris, ayant fait respectivement quatre et un morts.

Un risque qui pourrait s’accroître en 2019, alors que «48 condamnés pour des faits liés au terrorisme vont sortir» de prison au cours de l’année prochaine, a indiqué Christophe Castaner.

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