«On a un cœur, on a une âme» : des anciennes membres de Daesh veulent revenir en France

Les prisonnières veulent un jugement équitable [Fadel SENNA / AFP]. Les prisonnières veulent un jugement équitable [Fadel SENNA / AFP].

Deux Françaises capturées par les forces kurdes alors qu’elles appartenaient à Daesh espèrent retourner en France et y être jugées «équitablement».

«On n’était pas d’accord (avec Daesh)», avance l’une d’elle, regroupées avec 500 autres étrangères dans le camp d’Al-Hol, dans une province du nord-est de la Syrie. «Mais on ne pouvait rien dire, on devait se taire». L’autre poursuit : «les combattants de Daesh nous faisaient peur, ils nous disaient 'On va vous égorger, vous violer'». Selon elle, il lui a fallu payer une quarantaine d’euros pour s’échapper.

elles veulent continuer de suivre un islam rigoriste

Des discours qui ne convainquent pas les autorités, locales et françaises. D’autant que les deux femmes font partie des personnes ayant suivi les jihadistes (presque) jusqu’au bout. Elles sont soupçonnées d’avoir gardé leur idéologie radicale, et d’être toujours violemment opposées aux sociétés occidentales.

Leurs paroles, d’ailleurs, ne cachent pas qu’elles continueront de suivre un islam rigoriste si elles reviennent sur le territoire national. L’une d’elle explique que son désir de rentrer en France contient une condition. Celle lui permettant de «vivre (son) islam en toute liberté, et près de (ses) enfants».

«il y a beaucoup de choses en France qui sont contraires à notre religion»

Si leur retour en France venait à être acté, les deux prisonnières craignent d’être séparées de leurs petits. Elles redoutent leur placement dans des familles d’accueil et qu’ils soient éduqués de façon contraire à l’éducation qu’elles veulent leur donner. «Et il y a beaucoup de choses en France qui sont contraires à notre religion, par exemple l’homosexualité, c’est interdit», décrit l’une.

Alors que le débat autour des rapatriements de terroristes français et de leurs familles a pris place sur la scène politique, leur sort semble loin d’être réglé. Les deux femmes de jihadistes, qui assurent, comme la plupart des prisonnières, avoir vécu de façon pacifique avec des maris employés dans le civil, souhaitent en tout cas être jugées dans leur pays d’origine, et non sur place. Mais pas dans n’importe quelles conditions.

«une peine de prison pas trop longue»

«On n’est pas des animaux. On est des êtres humains. On a un cœur, on a une âme», indique l’une d’elle. «J’espère qu’on sera jugées équitablement, au cas par cas, pas pour tout ce que le groupe a fait». L’autre souhaite «une peine de prison pas trop longue (et) aménageable».

L’année dernière, une Française jugée pour être partie en Syrie durant le printemps 2015 et épousé un jihadiste avait écopé de sept ans de réclusion.

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