Emmanuel Macron veut «réguler» les populations de loups

Un loup photographié dans le parc du Mercantour à Saint-Martin-Vesubie (Alpes-Maritimes) en 2012. Photo d'illustration. Un loup photographié dans le parc du Mercantour à Saint-Martin-Vesubie (Alpes-Maritimes) en 2012. Photo d'illustration. [VALERY HACHE / AFP].

En déplacement au Salon de l'agriculture 2019, samedi 23 février, Emmanuel Macron a rouvert l'épineux dossier du loup en France, en déclarant qu'il comptait «réguler» la population de canidés dans le pays. 

«Le loup on va le réguler. On va le faire de manière pragmatique, sur le terrain. Les ministères ont trouvé un accord. On va le réguler avec les préfets», a ainsi lancé le chef de l'Etat, alors qu'il échangeait avec des éleveurs de vache Gasconne.

Une façon de répondre à la colère des agriculteurs, qui recensent de plus en plus d'attaques de loups dans leurs exploitations, du fait d'une expansion rapide de l'animal sur tout le territoire. 

Une espèce protégée mais «prélevée»

«Comment vous dites pudiquement, vous, du prélèvement c'est ça ? Vous effarouchez les ours et vous prélevez les loups», a ajouté Emmanuel Macron, sur le ton de la plaisanterie, provoquant des rires dans l'assemblée.

Car si le loup est une espèce protégée, il est pourtant possible de le chasser. C'est cela qu'on appelle le «prélèvement» comme évoqué par le chef de l'Etat. 

Il fait suite à l'adoption, il y a un an, par le gouvernement, du plan loup pour la période 2018-2023. Adopté sous la houlette de Nicolas Hulot, ex-Ministre de la Transition écologique et solidaire, son objectif est d'assurer une «coexistence» entre le loup et les éleveurs. 

le nombre total de loups controversé

D'après les chiffres de l'Office national de la chasse et la faune sauvage (ONCFS), il y aurait désormais en France environ 430 loups, alors qu'ils n'étaient encore que 400 en 2017. Cette année-là, ils auraient pourtant tué à eux-seuls plus de 11.000 brebis. Un nombre qui a triplé en dix ans.

Pour Mélanie Brunet, éleveuse de brebis dans l'Aveyron et co-présidente de la Fédération nationale de défense du pastoralisme, la population de loups est, selon elle, pourtant «clairement sous-estimée», comme elle l'a déclaré à franceinfo.

C'est pourtant à partir de cette population totale que sont ensuite fixés les plafonds d'abattage annuels. Des quotas qui sont eux-mêmes basés sur des recommandations scientifiques.

D'après les spécialistes, il ne faut ainsi pas prélever plus de 10 à 12 % de la population totale de loups sous peine de menacer l'espèce.

Dans le cadre du plan loup, il avait donc été établi que 43 loups pourraient être abattus en France pour la seule année 2018 et que les éleveurs pourront défendre leur troupeau en cas d'attaques.

Les autorités françaises avaient ensuite relevé, fin 2018, le quota de tirs de prélèvement, faisant passer les autorisations d'abattage de loups à 51 bêtes pour l'année.

Un «plan loup» qui ne contente personne

Une volonté d'adapter le plan loup au plus proche des réalités du terrain mais qui, jusqu'à présent, n'a pourtant réussi à contenter ni les éleveurs, ni les écologistes. 

Alors que, selon les éleveurs, tuer une quarantaine de loups est bien trop peu élevé, les écologistes jugent les prélèvements dangereux. Selon eux, tuer des loups au hasard revient à disperser les meutes et multiplier les attaques.

Reste donc à savoir comment va se concrétiser la volonté «pragmatique» de réguler la population de loups en France, dans les mois et les années à venir.

Le loup, qui avait totalement disparu de l'Hexagone dans les années 1930, est réapparu au début des années 1990 dans les Alpes du sud, en provenance d'Italie

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