Actions anti-étrangers, racisme... le groupuscule d'ultradroite Génération identitaire est dans le viseur du gouvernement

Le groupuscule veut lutter «face au raz-de-marée de l’immigration massive». [MATTHIEU ALEXANDRE / AFP]

Le gouvernement a indiqué mercredi qu’il étudiait les moyens de «dissoudre» l’association d’ultradroite Génération identitaire. Une réaction à une nouvelle action coup de poing du groupuscule, qui s’est spécialisé dans les opérations médiatiques.

Vendredi 29 mars, plusieurs de ses militants sont montés sur le toit du bâtiment de la caisse d’allocations familiales de Bobingy, pour y déployer une banderole. «De l’argent pour les Français. Pas pour les étrangers !», pouvait-on y lire. Quelques heures et dix-neuf interpellations plus tard, le coup de com était réussi.

Ce n’est pas la première fois que Génération identitaire se fait remarquer par une opération de ce genre. Se présentant sur son site internet comme un «mouvement politique de jeunesse», qui appelle à «relever la tête face à la racaille» et «face au raz-de-marée de l’immigration massive», le groupuscule multiplie les opérations à fortes résonnances médiatiques.

Actions anti-migrants dans les alpes

Au printemps dernier, ils s’étaient rendus dans les Alpes, près de Briançon, pour bloquer le col de l’Echelle, route d’entrée de migrants en France. A l’aide de grillages en plastique, ils avaient symboliquement fermé le passage. Quelques jours plus tard, des membres du groupuscule s’étaient vanté d’avoir remis quatre clandestins à la police et d’en avoir repéré et fait arrêter sept.

Des actions qui n’avaient pas valu de poursuite de la part du parquet, ce qui avait déplu au ministère de la Justice. Un circulaire avait alors été envoyée aux procureurs de France, leur rappelant l’existence d’infractions «visant les comportements hostiles à la circulation des migrants» et l’ «immixtion dans une fonction publique», en surveillant les frontières et arrêtant des personnes à la place des fonctionnaires dont c’est le rôle. Des investigations pour ces faits sont désormais en cours, a indiqué le parquet de Gap.

trois membres présumés jugés en mai

Dernièrement, d’autres militants prétendus du groupuscule s’étaient illustrés dans un reportage en caméra caché de la chaîne qatarie Al Jazeera, en tenant des propos racistes dans le bar privé d’ultradroite La Citadelle, à Lille. Le président de l’association tenant le bar s’y présentait notamment comme le représentant régional de Génération identitaire.

Les images montraient également une femme, désignée dans le documentaire comme maghrébine, être poussée puis frappée dans la rue. Quatre hommes avaient été interpellés, sans que l’on sache avec certitude s’ils sont membres du groupuscule. Trois d’entre eux seront jugés en mai pour «violences aggravées».

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