Lille : 300 personnes manifestent pour la fermeture d'un bar d'extrême droite

En septembre 2016, l'ouverture de «La Citadelle» à Lille avait déjà provoqué une manifestation réunissant environ 500 personnes.[PHILIPPE HUGUEN / AFP]

Dimanche après-midi, quelque 300 personnes ont participé à une manifestation pour réclamer la fermeture d'un bar privé du groupuscule d'extrême droite Génération identitaire, «La Citadelle», situé en plein centre-ville.

«Tout le monde déteste les fachos», pouvait-on lire sur une banderole du cortège composé notamment de membres de l'Action antifasciste. «Tout le monde déteste La Citadelle», «Citadelle casse toi, Lille est Antifa» ou encore «La Citadelle en feu, les fachos au milieu», ont également scandé les manifestants.

«Je considère que ce n'est absolument pas normal qu'un bar participe à répandre des idées fascistes qui prônent la violence», a affirmé à l'AFP Maëlle, une manifestante de 25 ans. «C'est inquiétant de vivre dans une société où il existe ce genre de groupuscule fasciste» et «c'est extrêmement inquiétant que les pouvoirs publics ne réagissent pas», a pour sa part estimé Jessy, 38 ans.

Pour rappel, la chaîne qatarie Al Jazeera a diffusé en décembre le documentaire en deux parties et en anglais «Generation hate». Pendant six mois, «Louis», muni d'une caméra cachée, a infiltré le groupe Génération identitaire à Lille (Nord). On peut notamment y voir plusieurs personnes tenir des propos racistes et se vanter de ratonnades. On les voit aussi trinquer au «Troisième Reich».

Le documentaire montre également les liens qu'entretiennent les membres du groupuscule avec des membres du Rassemblement national (RN, ex-FN). Frédéric Châtillon, ami de Marine Le Pen et ex-leader du Groupe Union Défense (GUD), a été filmé dans les locaux de «La Citadelle», ainsi que Christelle Lechevalier. Cette dernière a remplacé la présidente du RN au Parlement européen.

Après la diffusion de «Generation hate», le parquet de Lille a décidé d'ouvrir une enquête préliminaire le 12 décembre dernier «au regard des violences et des propos tels qu'ils apparaissent» dans le reportage. La maire de Lille Martine Aubry a déclaré avoir saisi le préfet après avoir «pris connaissance avec horreur du documentaire diffusé par la chaîne Al-Jazeera dimanche 9 décembre 2018».

En septembre 2016, l'ouverture de ce lieu, accessible uniquement aux adhérents et qui n'a pas pignon sur rue, avait déjà provoqué des remous et une manifestation réunissant environ 500 personnes contre son implantation.

Dans un communiqué, la France insoumise a réclamé samedi «la fermeture définitive de ce foyer d'incitation à la haine raciale» et la «dissolution des groupuscules d'extrême droite violents», qui «menacent les valeurs fondamentales du pays».

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