Grenoble : un chirurgien fou suspendu

La sécurité sociale de l'Isère a donné l'alerte.[JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP]

Un ancien patient obligé de se déplacer en fauteuil roulant, un autre à qui la jambe a dû être coupée… Le Conseil national de l’Ordre des médecins a suspendu un chirurgien de Grenoble, qui opérait sans justification et sans respecter les bonnes techniques.

Au total, 54 dossiers, portant sur les années 2013 et 2014, ont été détectés, montrant des personnes «opérées sans justification médicale, ce qui les a exposés à un risque injustifié». La sécurité sociale de l’Isère a alors donné l’alerte, rapporte RTL.

Plusieurs fautes sont pointées à l’encontre du chirurgien. Selon l’Ordre des médecins, il ne s’assurait pas de disposer des éléments nécessaires à la prise d’une décision opératoire. Il ne respectait pas, non plus, «une technique opératoire conforme aux recommandations de bonnes pratiques de la Haute autorité de santé sur la pertinence de la chirurgie des lombalgies». Enfin, il lui est aussi reproché une absence de qualité dans le suivi de l’intervention.

«Ma vie est foutue»

Dans 30 dossiers, l’évolution postopératoire a été défavorable, avec des complications immédiates, secondaires ou tardives. Le Conseil de l’Ordre l’a alors suspendu pour «un comportement gravement fautif, contraire aux obligations qui s’imposent à tout médecin».

Pour certains patients, les conséquences ont été terribles. L’un d’eux, Christophe, a dû se faire amputer d’une jambe, après que le chirurgien lui ait sectionné la veine iliaque lors d’une opération du dos. «Mes jambes n’ont pas été irriguées pendant un long moment. J’ai ensuite été victime de plusieurs infections», décrit-il. Un calvaire qui a duré 10 ans, l’obligeant à prendre morphine et antidépresseurs. «A 45 ans, ma vie est brisée. J’étais chauffeur-routier, je ne peux plus travailler».

le parquet de grenoble saisi

Serge, 62 ans, se déplace désormais dans un fauteuil roulant. Opéré d’une hernie discale en 2014, dix vis lui ont été mis dans le dos, malgré des os trop fragiles. «Je souffre toujours. Ma vie est foutue».

Frédérique, 49 ans, a elle dû subir «40 à 50 opérations pour tenter de sauver (sa) jambe». Pour résorber une fracture de la cheville, le chirurgien avait placé du matériel trop grand sur ses os. «C’était obligé que ça casse. Il y a eu des infections». Depuis, elle a subi une amputation tibiale.

Le procureur de Grenoble a été saisi par ces trois patients. Du côté du mis en cause, son avocat a annoncé qu’il contestait les accusations. Il a par ailleurs saisi le Conseil d’Etat pour contrer sa suspension.

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