Johnny Hallyday : Français ou Américain ? la justice tranche ce mardi

Le tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine) doit décider, mardi 28 mai, si c'est à la justice américaine ou à la justice française de se prononcer dans le dossier qui déchire la famille Hallyday depuis la mort du chanteur.

Cette question, cruciale, est au cœur même du conflit entourant l'héritage de l'idole des jeunes, disparue le 5 décembre 2017.

Les deux aînés du chanteur, David Hallyday et Laura Smet, ont engagé depuis plus d'un an une procédure pour contester le testament américain de leur père, qui désigne sa veuve, Laeticia Hallyday, comme seule héritière. Mais, en France, déshériter ses enfants est interdit.

«Une part de la France»

Or, c'est précisément ce que dénoncent David et Laura. Ils ont, selon eux, purement et simplement été déshérités et réclament donc, depuis le début de l'affaire, à ce que soit appliqué le droit français pour régler la question de l'héritage de leur père.

Johnny Hallyday est, pour eux, comme pour tous les fans du défunt chanteur d'ailleurs, «une part de la France», «un destin français», comme l'a rappelé à l'audience en mars l'un des avocats de Laura Smet, Emmanuel Ravanas. 

De fait, il ne fait aucun doute que la question de son héritage doit donc être tranchée dans l'Hexagone.

Un rockeur «à la mentalité américaine»

En face, la veuve de la star, Laeticia, estime quant à elle que les dernières années de la vie de Johnny aux Etats-Unis font immanquablement de lui un résident américain.

Pour sa défense, Maître Arnaud Albou, qui la représentait à l'audience, avait ainsi dépeint «le goût de vivre», outre-Atlantique, d'un rockeur «à la mentalité américaine».

L'avocat avait par ailleurs souligné que le taulier résidait en Californie, à Los Angeles, depuis 2007 et qu'il était également détenteur, depuis 2014 d'une «green card», la carte de résident permanent aux Etats-Unis.

Concrètement, selon l'avocat de Laeticia Hallyday, son époux «passait le plus clair de son temps» aux Etats-Unis – «195 jours» en 2016, contre «168 en France» – ce qui l'a conduit, logiquement, à y «fixer la plupart de ses intérêts».

Des actifs que Laeticia Hallyday tente de rapatrier dans un trust basé en Californie et qui suscite de vives inquiétudes chez Laura et David.

La crainte du «coffre-fort» américain

Car le JPS Trust - pour Jean-Philippe Smet, vrai nom de la star -, a été établi en Californie de son vivant, au seul bénéfice de son épouse. Dans son testament, Johnny a émis le souhait que l'ensemble de ses actifs y soient transférés à sa mort.

Mais les avocats des aînés du chanteur estiment que ce trust n'est rien d'autre qu'un «coffre-fort». En clair, une fois les actifs placés à l'intérieur, il est impossible de les retirer.

En résumé, si le tribunal de Nanterre se déclare incompétent, la procédure pourra donc être portée devant les tribunaux américains.

Dans le cas contraire, si la juridiction française estime être compétente et se saisit du dossier, les aînés Hallyday auront remporté une deuxième victoire importante.

En décembre 2018, David et Laura avaient en effet déjà obtenu le gel des propriétés françaises du chanteur ainsi qu'une partie de ses droits d'auteur et royalties pour protéger la part d'héritage à laquelle ils pourraient prétendre.

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