Référendum sur la privatisation d'ADP: des bugs en série pour voter sur le site

Plusieurs internautes ont pointé les dysfonctionnements du site hébergeant le référendum contre la privatisation du groupe ADP. [© capture site du ministère de l'Intérieur]

Certains élus et anonymes crient à la manipulation. Le site internet ouvert jeudi par le gouvernement pour recueillir, durant neuf mois, les signatures en faveur d'un référendum d'initiative partagée contre la privatisation d'Aéroports de Paris a connu quelques bugs dans la matinée.

Le ministère de l'Intérieur, qui a en charge la mise en oeuvre de la procédure de recueil, a lui-même reconnu un «problème de paramétrage» sur un des serveurs hébergeant le site, problème qui aurait «été résolu à 9h».

Sauf qu'en tout début de journée, le député LFI Alexis Corbière racontait sur Twitter avoir dû s'y reprendre à trois fois pour se connecter et signer. «Vous vous moquez vraiment de nous, Christophe Castaner !», a lancé le secrétaire national du PCF Fabien Roussel à l'adresse du ministre de l'Intérieur, chargé de l'organisation de la consultation.

La «start-up nation» raillée par twitter

«Déni de démocratie», a fustigé de son côté le député LR François Cornut-Gentille dans un tweet. «Impossible» de signer, «le bug est En Marche!», a aussi ironisé le patron de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, en tweetant une photo de la page indiquant que «le service de vérification est actuellement indisponible». «On ne peut pas dire que la Start Up Nation aide beaucoup à la réussite de cette initiative démocratique», a renchéri sur le même ton le porte-parole du PS, Boris Vallaud.

Sans compter les nombreux anonymes qui se sont fendus d'un tweet pour pointer du doigt les bugs du site ou le flou des étapes pour signer la pétition, alors qu'il ne suffit que d'un clic de souris sur change.org, par exemple.

D'autres, encore, dans un esprit subversif frisant parfois le conspirationnisme, n'hésitent pas à interroger l'intérêt du gouvernement à saboter volontairement la plateforme pour limiter le nombre de votes anti-privatisation. A l'image de Valerio Motta, président d'une société numérique, pour qui ce site est une «honte».

Outre le problème de serveur désormais corrigé, les autorités ont souligné que des internautes pouvaient aussi rencontrer des difficultés liées aux conditions de recueil sur le site. Il faut en effet dans un premier temps utiliser précisément les noms et prénoms figurant sur la carte d'électeur, car le site vérifie en temps réel l'inscription sur le tout nouveau répertoire électoral unique. L'internaute doit ensuite entrer son numéro de carte national d'identité ou de passeport afin que son identité soit vérifiée. Le ministère se donne ensuite un délai maximum de cinq jours pour valider le soutien qui sera alors rendu public et consultable sur le site.

4,7 millions d'électeurs à convaincre

Pas moins de 248 députés et sénateurs (de LFI à LR, avec le soutien du RN) avaient enclenché début avril la procédure du RIP, introduite dans la Constitution en 2008 mais jamais utilisée. Ils entendent s'opposer à la privatisation controversée du groupe aéroportuaire, inscrite dans la loi pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte), adoptée définitivement par le Parlement le 11 avril.

Pour ce faire, les initiateurs du RIP doivent maintenant recueillir en neuf mois, par voie électronique ou en se rendant dans l'une des 2.000 mairies sélectionnées (les plus peuplées de chaque canton), l'approbation d'au moins 10% du corps électoral, soit plus de 4,7 millions de personnes.

Afin de faciliter leur participation, un compte Twitter «Aide Referendum», partagé par de nombreux internautes, a même listé une série de conseils pratiques pour aider les internautes à aller au bout du processus de contestation.

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