Haut-Rhin : jugée pour avoir tué ses cinq bébés

Philippe Gava, l'agriculteur qui a retrouvé, le 21 octobre 2003, trois sacs poubelles contenant les corps de quatre bébés, dans un état de décomposition avancée, indique le lieu de sa découverte, quelques jours plus tard, entre les communes de Galfingue et Bernwiller.[THOMAS WIRTH / AFP]

Une mère de famille comparait à partir de mardi devant la cour d’assises de Colmar, pour le meurtre de cinq de ses nouveau-nés, entre 1995 et 2005. Une affaire effroyable, qui est restée impunie pendant quatorze ans.

Alors que l’enquête avait débuté en octobre 2003, par la découverte hasardeuse de quatre cadavres de bébés dans des sacs poubelles disposés dans une forêt, à Galfingue (Haut-Rhin), Sylvie Horning n’a été mise en examen et incarcérée qu’en novembre 2017. C’est à ce moment qu’un cinquième corps, caché dans une glacière, avait été retrouvé à son domicile.

Si elle a reconnu les faits et a indiqué avoir livré ses aveux «presque comme une délivrance», la femme ne s’est jamais vraiment expliquée sur ses gestes. Alors qu’elle a affirmé avoir étouffé ou étranglé ses enfants, après avoir accouché seule dans ses toilettes en les cachant directement dans une serviette pour ne pas avoir à les regarder, elle a seulement dit aux enquêteurs qu’elle ne les désirait pas.

un «cold case» de 14 ans

Son compagnon, gravement malade et mort en 2018, avait toujours assuré ne pas savoir ce qu’il s’était passé. Selon leur fille, âgée aujourd’hui d’une vingtaine d’années (le couple a trois enfants, dont le fils aîné s’est porté partie civile), il avait par ailleurs appris seulement trois heures avant l’accouchement que sa partenaire était enceinte.

L’interpellation de Sylvie Horning, quatorze ans après le début de l’enquête, et alors que celle-ci avait été close en 2009, a été rendu possible grâce aux prélèvements ADN effectués sur les quatre premiers cadavres, qui ont corrélé avec ceux de la mère de famille, impliquée en septembre 2017 dans une rixe avec des voisins.

déni de grossesse ou non ?

Elle a depuis été reconnue responsable pénalement par une expertise psychiatrique. Son avocat pointe lui un «déni de grossesse». Un argument réfuté par l’association Enfance Majuscule, pour qui l’accusée «ne dit à aucun moment […] "je n’étais pas consciente que j’étais enceinte", elle dit "je n’en voulais pas, pour moi ce n’était pas des bébés"».

Une affaire se rapprochant de celle-ci, pour un octuple infanticide dans le Nord, découvert en 2010 et jugé en 2015, s’était conclu par une peine de prison de neuf ans pour la mère.

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