Assurance chômage : pourquoi les syndicats sont en colère et manifestent à Paris

Emmenée par Laurent Berger de la CFDT (au centre), la mobilisation doit avoir lieu à midi, devant le ministère du Travail (7e). [Archives / THOMAS SAMSON / AFP].

Réunis en intersyndicale, plusieurs organisations vont se rassembler, ce mardi 25 juin, à Paris contre la réforme de l'assurance chômage.

Emmenée par la CFDT et son secrétaire général Laurent Berger, la mobilisation, qui comprend également l'Unsa, la CFTC, la CFE-CGC, l'organisation de jeunesse Fage ainsi que divers collectifs de lutte contre la précarité, se tiendra à midi, devant le ministère du Travail (7e).

Des mesures «injustes»

Une semaine jour pour jour après l'annonce par Muriel Pénicaud, ministre du Travail et d'Edouard Philippe, Premier ministre, de la réforme, le but est, selon les organisateurs, de dénoncer des mesures «injustes».

Dans le même temps, leur objectif est de faire infléchir, autant que faire se peut, le projet du gouvernement, qui doit prendre la forme d'un projet de loi, prévu pour être débattu au Parlement avant la fin de l'année.

Dans leur viseur, trois mesures sont ainsi particulièrement décriées : alors qu’aujourd’hui, un chômeur est indemnisé s’il a travaillé au moins quatre mois sur vingt-huit, le gouvernement souhaite porter à six mois la période travaillée.

Dans le même esprit, à l’avenir, le montant de l’allocation chômage sera calculé à partir du salaire mensuel moyen - quel que soit le nombre de jours travaillés – et non plus sur les douze derniers mois.

Enfin, la réforme prévoit de faire baisser automatiquement l’allocation des cadres âgés de moins de 57 ans et gagnant plus de 4.500 euros de 30 % au bout de six mois d’indemnisation. Une dégressivité dont les syndicats craignent qu’elle devienne la norme.

Une réforme «purement budgétaire»

Très remonté, Laurent Berger a fustigé, ce lundi 24 juin, sur France Inter «une réforme purement budgétaire allant faire beaucoup d’économies que celles annoncées (3,5 miliards d’euros, ndlr) tellement les règles sont dures».

Un point de vue partagé par la majorité des syndicats. Mais si elles sont collectivement «en colère» contre la réforme, les organisations refusent jusqu’à présent de s’unir pour peser face à l’exécutif.

Yves Veyrier, numéro un de FO, a ainsi plaidé pour «une réaction coordonnée» mais n’a pas été suivi dans sa démarche. Son syndicat ne participe d'ailleurs pas au rassemblement de demain.

De son côté, Philippe Martinez, de la CGT, appelle à un autre rassemblement mercredi devant le siège de l'Unédic et à des actions un peu partout en France, notamment devant les agences Pôle emploi. Une date fixée depuis longtemps.

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