Retraites : Jean-Paul Delevoye préconise un «âge d'équilibre» à 64 ans avec décote/surcote

Le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a proposé que le futur «système universel» comprenne un «âge d'équilibre» assorti d'un système de décote/surcote, de 64 ans pour la génération née en 1963, dans son rapport rendu public ce jeudi 18 juillet.

Ce système par points, qui doit être mis en place en 2025 en remplacement des 42 régimes de retraite actuels, incitera «au prolongement de l'activité», soulignent les préconisations que M. Delevoye a remises en fin de matinée au Premier ministre Edouard Philippe.

Les assurés «auront toujours la liberté de partir en retraite» à l'âge légal de 62 ans. Mais le haut-comissaire préconise que «l'âge du taux plein» permettant une retraite complète «soit le même pour tous, contrairement à aujourd'hui où il est compris entre 62 et 67 ans en fonction de la durée travaillée», et qu'il évolue «comme l'espérance de vie».

Ceux qui partiront avant cet âge-pivot, vivement contesté par plusieurs syndicats, verront ce rendement diminuer de 5 % par année d'écart, quand ceux qui prolongeront leur activité au-delà bénéficieront d'un rendement majoré de 5 % par an.

Un minimum de retraite augmenté à 85 % du Smic net

Parmi les autres préconisations, le rapport Delevoye propose de garantir dans le futur «système universel» un minimum de retraite égal à 85 % du Smic net, contre 81 % pour les salariés et 75 % pour les agriculteurs actuellement.

Il envisage que les pensions de réversion versées aux conjoints survivants, le plus souvent des femmes, leur assurent 70 % du total des retraites perçues par le couple.

une majoration de 5 % dès le premier enfant

Il suggère en outre de majorer les droits à la retraite de 5 % par enfant dès la première naissance, contre 10 % actuellement pour les parents de trois enfants et plus, afin d'adapter les droits familiaux «aux évolutions de la société» et de favoriser les femmes, dont la pension moyenne est aujourd'hui «inférieure de 42 %» à celle des hommes.

Certaines spécificités maintenues

Au regard de la pénibilité ou de risques particuliers, certaines professions pourraient toutefois être autorisées à partir plus tôt en retraite.

C'est notamment le cas des fonctionnaires dits de «catégorie active», les métiers «régaliens» (policiers, douaniers, pompiers, surveillants pénitentiaires) qui devraient pouvoir partir en retraite à 57, voire 52 ans, tandis que les aides-soignantes devraient rejoindre les règles du privé, avec un accès au «compte pénibilité» pour partir au plus tôt à 60 ans.

Ces préconisations devraient servir de base à un projet de loi maintes fois repoussé et attendu en Conseil des ministres à l'automne, avant un examen au Parlement probablement après les municipales de mars 2020.

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