Fake news : Facebook surveillera la presse... mais pas les hommes politiques

Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, avait notamment rencontré Emmanuel Macron à l'Elysée, le 23 mai 2018, à l'occasion du sommet «Tech for Good» tenu à Paris. [© Christophe Petit Tesson / POOL / AFP]

Ils seront exemptés. Facebook ne soumettra pas les déclarations des responsables politiques au «fact-checking», le processus de vérification des infos douteuses, a indiqué mardi le réseau social, lancé dans une croisade pour rétablir la confiance après avoir été accusé de manipuler l'opinion via sa plateforme.

«Nous ne pensons pas qu'il soit approprié pour nous d'agir en tant qu'arbitre des débats politiques et d'empêcher le discours d'un politicien de toucher son public», a expliqué Nick Clegg, directeur mondial des affaires publiques du géant américain, dans un communiqué en ligne. «Cela signifie que nous n'enverrons pas de contenus originaux ou de publicités publiées par des responsables politiques à nos partenaires de fact-checking pour examen.»

Le réseau social, accablé par la propagation de fausses informations qui nuisent aux débats démocratiques, notamment dans le cadre des élections comme la présidentielle américaine ou le Brexit en 2016, a mis en place un partenariat avec des organes de presse (dont l'AFP) pour vérifier les articles et posts soupçonnés de répandre des infox. Les mises au point des journalistes viennent ensuite s'afficher juste en-dessous des contenus incriminés visibles sur la plateforme, avec une mention indiquant leur caractère douteux.

Une simple rétrogradation des contenus politiques trompeurs

Or, ne pas inclure les messages des responsables politiques fait partie du règlement du réseau depuis un an, écrit Nick Clegg, ancien vice-Premier ministre britannique qui a rejoint Facebook en 2018 pour l'aider à réparer son image écornée par des scandales. Le directeur précise toutefois que «quand une personnalité politique partage un contenu précédemment démenti, y compris des liens, des vidéos et des photos, nous avons l'intention de rétrograder ce contenu, d'afficher les informations liées des journalistes partenaires et d'empêcher leur intégration dans des publicités».

La décision survient alors que le géant des réseaux sociaux avance depuis quelques années sur une corde raide, entre préservation de la liberté d'expression et régulation des contenus inappropriés (désinformation, incitation à la haine et au terrorisme, etc).

Si le groupe de Mark Zuckerberg a pris des mesures pour renforcer la transparence, notamment autour des publicités politiques, nul doute que la décision de ne pas surveiller les politiques va faire des remous dans l'opinion, à l'heure où la défiance vis-à-vis nos dirigeants est au plus haut.

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