IDF : plus d'un million de Franciliens mal-logés selon le dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre

Près de 500.000 Franciliens vivent «privés de tout confort» selon la Fondation Abbé Pierre. Près de 500.000 Franciliens vivent «privés de tout confort» selon la Fondation Abbé Pierre.[© JOEL SAGET / AFP]

Plus d'un million de Franciliens sont concernés par le mal-logement en Ile-de-France. C'est le constat de la Fondation Abbé Pierre, qui assure que la crise du logement «est rès ancrée» dans la région, selon son dernier rapport dévoilé ce mardi 8 octobre.

Au total et pour être précis selon la Fondation, 1.194.100 personnes vivent dans des conditions de mal-logement en Ile-de-France, sur un peu plus de 12 millions d'habitants. C'est ainsi la région la plus touchée par le phénomène, concentrant à elle seule plus d'un quart des mal-logés en France.

Plusieurs causes de mal-logement

Et contrairement à ce qui laisserait penser que le mal-logement ne concerne que les habitants de logements insalubres, les causes du phénomène sont en fait multiples et ne peuvent être réduites qu'à cet unique critère, explique la Fondation Abbé Pierre.

En Ile-de-France, 586.000 mal-logés vivent tout simplement dans des appartements trop petits, dont «le surpeuplement est accentué». Viennent ensuite 462.000 personnes qui évoluent dans un logement privé de tout confort. A noter que plus de 70.000 d'entre eux cumulent les deux problématiques, et ne sont donc comptabilisés qu'une seule fois.

Par ailleurs, 211.100 mal-logés sont des personnes qui n'ont pas de logement propre, dont la plupart est hébergée chez des amis ou dans la famille. Suivis par 21.600 autres qui vivent en foyer de travailleurs migrants (FTM) ou encore 12.300 «gens du voyage» sans aire d'accueil.

La région de tous les records

Une réalité édifiante pour cette région «qui concentre les plus fortes disparités» en France, ainsi qu'un certain nombre de tristes records. Selon la Fondation Abbé Pierre, l'Ile-de-France concentre en effet «33 % des habitants en bidonvilles», «34 % des demandes de HLM» ou encore «41 % des expulsions locatives effectives».

Elle est d'ailleurs la région la plus touchée par les expulsions, avec 26 % des décisions de justice prononçant cette sentence en France, et ce, alors même que seulement 5 % des ménagés franciliens se retrouvent en situation d'impayés, selon le rapport.

Et si elle n'est pas la plus touchée par le surendettement (comparé au nombre d'habitants), il n'en demeure pas moins que l'endettement moyen «même hors dettes immobilières» est bien plus élevé qu'ailleurs, avec 33.579 euros contre 27.862 euros dans le reste de la France.

Un manque criant de logements

Selon la Fondation Abbé Pierre, «254 communes franciliennes» (sur 1.276) n'avaient pas encore atteint les 25 % de logements sociaux et paient une contrepartie financière pour combler ce manque, comme l'exige la loi SRU. A l'instar de Neuilly-sur-Seine (92) ou encore Ormesson-sur-Marne (94).

Pour répondre à la demande, il faudrait au minimum garantir une production de 37.000 HLM par an. Or, en parallèle, les besoins de construction ont été estimés à 70.000 logements par an par le Schéma directeur de la région Ile-de-France (Sdrif) et la loi du Grand Paris.

Le rapport estime d'ailleurs «qu'entre 2019 et 2030, il resterait à construire 935.100 logements» sur l'ensemble de la région. Soit 78.000 habitations à construire tous les ans, pendant les douze prochaines années.

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