En direct
A suivre

Violences policières : ce qu’il faut retenir des annonces de Christophe Castaner

Christophe Castaner a donné ce lundi une conférence de presse sur «la question du racisme» au sein de la police française. Après les manifestations et les mises en causes de certains membres des forces de l'ordre, il a annoncé plusieurs mesures.

A travers ces engagements, le ministre de l'Intérieur entend prôner une «tolérance zéro» du racisme dans les forces de l'ordre.

Une suspension «systématique envisagée» en cas de racisme

Christophe Castaner a annoncé avoir demandé aux directions de la gendarmerie et de la police nationale «qu'une suspension soit systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré d'acte ou de propos racistes», assurant qu'«aucun accroc à la déontologie ne peut être toléré».

Le ministre a également fait part de son souhait «que les procédures disciplinaires soient toujours engagées en parallèle des procédures pénales».

des contrôles mieux encadrés

Un contrôle de police, «ce n’est pas une note de gueule, une sanction pour un regard ou une opération menée en fonction de la couleur de peau», a assuré le ministre. Pour que ceux-ci soient bien menés, il a rappelé l'obligation pour les forces de l'ordre de porter de façon distincte leur numéro RIO (référentiel des identités et de l’organisation) lors de chaque contrôle.

Réaffirmant que les contrôles ne devaient pas être «un critère d’évaluation d’activité» du service, il a en outre émis le souhait «que l'usage des caméras-piétons soit renforcé». Ce dispositif devra être étendu pour que «chaque agent puisse en être équipé».

La méthode «de l'étranglement» interdite

Sans faire de lien «systématiques» avec certains décès, Christophe Castaner a annoncé la fin de certaines techniques jugées «risquées». Parmi celles-ci, la méthode de prise par le cou dite «de l'étranglement», qui ne sera plus enseignée dans les formations. Par ailleurs, lors d'une arrestation, il sera interdit aux policiers de s'appuyer sur la nuque ou le cou des personnes au sol.

En revanche, il n'a pas souhaité parler du plaquage ventral, décrié dans de nombreuses interpellations mais «pas enseigné en tant que tel» dans les écoles de formation des forces de l'ordre.

Une formation mieux adaptée

Le ministère de l'Intérieur entend miser sur la formation initiale et continue des professionnels. En travaillant «en partenariat avec la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Haine anti-LGBT et avec les associations, en particulier la LICRA». 

Ensemble, ils vont réfléchir à «de nouvelles idées et de nouveaux formats» adaptés à ces problématiques. Enfin, l’évaluation de la formation continue des policiers et gendarmes intègrera désormais «la sensibilité aux non-discriminations».

une réforme des inspections

Refusant de voir l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, surnommée la police des polices) qualifiée de «blanchisseuse», le ministre de l'Intérieur dit avoir lancé «une réforme des inspections». L'Inspection générale de la gendarmerie (IGGN) et l'inspection générale de l'administration (IGA) sont également concernées.

Cette réforme «devra permettre plus de cohérence, plus de collégialité entre ses inspections et surtout plus d’indépendance dans leur action vis-à-vis des services», selon le ministre. Elle permettra à l’inspection générale de l’administration «de piloter les enquêtes administratives les plus difficiles et les plus complexes concernant les forces de police et de gendarmerie», a-t-il ajouté.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Dernières actualités