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Paris : nouvelle journée de mobilisation dans les crèches de la ville ce jeudi 3 décembre

Même si elle est peu suivie, la mobilisation pourrait se poursuivre jusqu'au 1er décembre. Même si elle est peu suivie, la mobilisation pourrait se poursuivre jusqu'au 1er décembre. [© Thomas SAMSON / AFP]

Une nouvelle journée de mobilisation est prévue dans les crèches municipales parisiennes ce mercredi 3 décembre. Après les 19 et 26 novembre, c'est la troisième journée de grève lancée à l'appel de plusieurs syndicats (CGT, UCP, SUPAP, FSU). Ils dénoncent notamment le manque d'effectifs et l'impossibilité de respecter l'ensemble des règles sanitaires.

Comme les autres établissements scolaires, les crèches municipales de la ville de Paris sont restées ouvertes pendant ce deuxième confinement, afin de permettre aux parents de continuer à travailler mais aussi pour que l'apprentissage des enfants ne soit pas interrompu. Une décision qui met en péril, selon les syndicats, la santé du personnel mais aussi la sécurité des enfants.

Ensemble, ils réclament de «réduire sensiblement l’amplitude horaire d’ouverture des établissements», afin de «mobiliser les personnels autour des enfants sans dispersion», d'«accélérer les recrutements des personnels venant chaque hiver en renfort», de «mettre à disposition tous les moyens pour sécuriser et faciliter l’exercice des missions des professionnels» mais aussi de «reconnaître, par l’attribution d’une prime exceptionnelle, l’investissement et la mobilisation de nos collègues sur le terrain pour assurer la continuité du service public».

A la veille de la mobilisation, impossible de savoir si celle sera suivie ou non, certaines crèches ayant déjà annoncé aux parents la fermeture de certaines classes, là où d'autres n'étaient même pas au courant qu'une grève était annoncée. Un constat partagé par la municipalité parisienne, qui admet «ne peut savoir à l'avance si la mobilisation sera suivie [...] les agents grévistes n'étant pas obligés de se faire connaître à l'avance».

1 % des effectifs en grève la semaine dernière

«La semaine dernière, 1 % des effectifs de la DFPE était en grève contre 10 % le 19 novembre», explique Céline Hervieu, la conseillère déléguée à la petite enfance auprès de la mairie de Paris, qui ajoute qu'«il est rare qu'une crèche soit fermée au dernier moment mais que cela peut arriver». L'élue assure d'ailleurs qu'il y a «toujours la volonté d'une bonne qualité de dialogue social» avec les agents grévistes, afin de «maintenir ce service public» de la petite enfance et de «faire au mieux pour qu'il y ait une continuité de l'accueil».

«Après, il y a des demandes exprimées qu'on ne pourra pas satisfaire, par exemple sur l'ouverture des crèches uniquement pour les parents qui travaillent ou encore sur la réduction des horaires [...] Par contre, sur la demande de matériel, 500 caméras devraient être installées dans les établissements. Et en ce qui concerne les rémunérations des cadres auxiliaires de puériculture, la décision n'est pas dans nos mains et ne concernent d'ailleurs pas que les agents de la petite enfance», admet Céline Hervieu.

Avec cette mobilisation, les grévistes entendent surtout «mettre la pression» sur la Direction des familles et de la petite enfance (DFPE) de la ville de Paris. Christine Derval, secrétaire générale CGT Petite Enfance à Paris, déplore en effet l'impossibilité pour le personnel accueillant de respecter l'ensemble du protocole sanitaire, notamment la désinfection minutieuse des jouets et des salles, tout en surveillant les enfants. «Certaines collègues sont parfois seules le matin pour accueillir les familles qui arrivent, surveiller les enfants déjà présents et faire appliquer les gestes barrières», détaille-t-elle.

Le respect du protocole sanitaire impossible ?

«Nous avons été interpellés à de nombreuses reprises par des agents de la ville [puéricultrices, assistantes maternelles...] qui étaient en grande souffrance, paniquées à l'idée que la Covid envahisse les structures d'accueil [crèches familiales et municipales, lieu d'habitation des assistantes maternelles... ndlr]», argumente Christine Derval.

La secrétaire générale CGT Petite Enfance explique également que beaucoup de structures parisiennes manquent d'effectifs, entre les agents absents parce qu'atteints par la Covid et ceux en arrêt maladie, parce que jugés «personnes à risque». C'est le cas notamment pour le personnel souffrant de pathologies chroniques, telles que l'asthme ou le diabète.

Manque d'effectifs, mélange des enfants...

Autre problème, selon Christine Derval, le nombre d'enfants par section. Les tout-petits seraient parfois jusqu'à 32 dans certains établissements, alors que la jauge maximale est fixée à 30. «Lors du premier confinement, toutes les structures n'étaient pas ouvertes, le personnel qui le souhaitait pouvait aller dépanner dans les structures qui en avaient besoin», explique-t-elle. Elle souhaiterait ainsi «limiter l'accès aux crèches aux seuls enfants dont les parents travaillent».

Enfin, alors que la mairie de Paris leur a demandé de garantir «l’étanchéité des groupes d’enfants», la déléguée syndicale juge cette demande «incohérente». «C'est impatricable dans les faits» dit-elle. Avant de donner des exemples de situation où tout le monde se mélange : «certains ateliers sont organisés dans les crèches familiales et accueillent d'autres enfants des haltes-garderies du quartier» ou encore prend l'exemple de «la cuisine chez l'assistante maternelle, où ses propres enfants et ceux qu'elle accueille déjeunent dans la même pièce».

Côté municipalité, on répond que «la Ville a fait le choix depuis le début d’aller plus loin que le cadre national, en fournissant depuis mars les équipements de protection individuelle aux agents, en maintenant l’étanchéité des groupes d’enfants alors que le guide ministériel ne la recommandait plus et en nettoyant systématiquement et de manière approfondie les établissements de la petite enfance tous les jours».

La municipalité indique également «avoir fait le choix de ne pas facturer les parents qui ne déposeraient pas leur enfant à la crèche, ce qui a pour effet de diminuer le nombre d’enfants accueillis et de rendre les conditions d’exercice de nos agents un peu plus favorable». Une baisse du nombre d'enfants gardés «peu flagrante» selon Christine Derval, qui admet que les horaires ont toutefois été adaptés. «Pour l'instant, la seule chose que la DFPE nous a proposé, c'est d'ouvrir les crèches de 8h30 à 17h30 [au lieu de 7h30-18h30, ndlr] pour pallier le manque de personnel et mieux accueillir les familles. Mais ce n'est pas suffisant», tempête-t-elle.

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