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Coronavirus : pourquoi la campagne de vaccination démarre-t-elle si lentement en France ?

Présentée comme l'un des enjeux cruciaux dans la lutte contre le coronavirus, la campagne de vaccination a commencé dimanche 27 décembre en France. Deux jours plus tard, et selon les données du site covidtracker.fr, les personnes vaccinées sont au nombre de... 70. Un chiffre très en dessous des objectifs affichés par d'autres pays, comme Israël qui vise 150.000 vaccinations quotidiennes par exemple. La France est-elle trop lente ?

En théorie, l'immunité collective est atteinte si 60% de la population est invulnérable au virus. Or, en conservant le rythme actuel, la France pourrait vacciner les quelques 40 millions de personnes en question d'ici un peu plus de 3.000 ans... Heureusement pour les Français, le gouvernement a opté pour une toute autre stratégie.

En réalité, le dimanche 27 décembre ne représentait que le lancement symbolique de la campagne de vaccination, concerté avec les pays de l'Union européenne. Ce jour-là, en France, seuls deux structures hospitalières pour personne âgées, à Sevran (Seine-Saint-Denis) et à Dijon (Côte-d'Or), ont bénéficié des premières injections.

Invitée sur RTL le 22 décembre dernier, Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Syndicat national des établissements et résidences privées pour personnes âgées (Synerpa), expliquait que «la vraie campagne touchant les 7.000 Ehpad aura lieu sûrement à partir du 10 janvier».

Cette semaine, les vaccinations se concentrent dans vingt-trois établissements des régions parisienne, lyonnaise, lilloise et du secteur de Tours (Indre-et-Loire). Elles devraient s'intensifier progressivement jusqu'à concerner une centaine de structures. Le cabinet du ministre de la Santé, Olivier Véran, parle d'une campagne «massive» à partir de la mi-janvier.

15 millions de vaccinés «à l'horizon de cet été»

L'objectif affiché par le gouvernement est de vacciner un million de personnes parmi les plus âgées et les plus vulnérables, particuliers comme soignants, d'ici la fin du mois de février. Après cette première phase, la vaccination sera proposée aux plus de 65 ans jusqu'au printemps et enfin au reste de la population, à partir de 16 ans. Matignon espère ainsi immuniser «15 millions de personnes à l'horizon de cet été».

Des chiffres bien plus conséquents que ceux observés ces derniers-jours, mais qui restent inférieurs aux projections d'autres pays. L'Espagne, par exemple, prévoit de pouvoir vacciner 2,5 millions de personne d'ici la fin du mois de février et 15 à 20 millions pour mai ou juin. Comment expliquer un tel écart ?

La stratégie vaccinale adoptée par la France peut fournir un début d'explication. Contrairement à son voisin allemand, l'Hexagone a préféré mobiliser l'ensemble des acteurs du soin, notamment la médecine de ville, plutôt que de mettre en place de vastes centres de vaccination. Ainsi, chaque injection doit être obligatoirement précédée d'une visite médicale qui permet d'informer le patient, d'écarter toute contre-indication et de recueillir son consentement éclairé.

Une procédure propre à la France, qui ralentit le rythme des vaccinations mais vient sans doute répondre à la défiance de la population par rapport aux vaccins. En effet, selon un sondage BVA publié dans le Journal du dimanche le 27 décembre, 56% des Français n'envisagent pas de se faire vacciner contre le Covid-19.

En réaction aux critiques émises face au lent démarrage de la campagne de vaccination française, le «Monsieur vaccin» du gouvernement, Alain Fischer, a assuré lundi soir sur Europe 1 que les «adaptations» d'un pays à un autre paraîtront «dérisoires» dans quelques mois. Il ajoute que certains ont fait le choix de vacciner les professionnels de santé en premier lieu, ce qui explique selon lui «la différence entre les chiffres».

«C'est bien qu'on aille pas plus vite, affirme-t-il, convaincu. Se donner le temps de faire les choses très bien en termes d'efficacité, de sécurité et d'organisation, c'est la bonne façon de faire».

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