Six personnes suspectées d'avoir mis en place un trafic de faux certificats de vaccination au coronavirus ont été mises en examen cette semaine. Le réseau est soupçonné d'avoir écoulé ces documents falsifiés via le réseau social Snapchat.
L’enquête, menée par la brigade de lutte contre la cybercriminalité depuis deux mois, a permis l’interpellation de quatre membres influents de cette filière et deux clients, entre la région lyonnaise, le Val-de-Marne et les Yvelines.
Au total, leur «business» aurait rapporté entre 350 et 500 euros par acheteur pour un certificat identique à l’original et signé par un docteur, selon une source judiciaire citée par Le Monde.
Le mode opératoire aurait été le suivant : une agente administrative complice du réseau travaillant dans un centre de vaccination de la région lyonnaise réservait près de 20 créneaux de vaccination chaque jour.
Les clients n’avaient même pas à se présenter à ces rendez-vous, puisque la complice leur envoyait ensuite de vrais justificatifs dotés d’un QR code valide en raison de l’inscription des patients dans la base de données officielle. Le précieux sésame falsifié était ensuite revendu en région parisienne, de la main à la main.
Un nombre de clients sous-estimé
Finalement, quelque 400 acheteurs auraient ainsi été recensés par la police, bien que les enquêteurs tablent sur un chiffre deux à trois fois plus important, toujours selon la source judiciaire. Fait notable : l’une des personnes interpellées n'en était pas à son coup d'essai était familière car elle était connue des services pour avoir falsifié par le passé des tests de grossesse, des tests PCR et même des diplômes.
Les perquisitions menées depuis le milieu de semaine ont enfin permis de mettre la main sur 25.000 euros en liquide, des cachets de médecin et de divers services hospitaliers, ainsi que des attestations de vaccination vierges et déjà tamponnées. Sur les six personnes mises en cause dans cette affaire, deux ont été placées en détention provisoire, les quatre autres sont sous contrôle judiciaire.
![Face à ce phénomène, le FBI a rappelé que les vendeurs comme les acheteurs risquaient des poursuites.[Nathan Howard / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/capture_decran_2021-04-10_a_11.59.16_60717713d7c00.png?itok=AWmjSIoS)