Presque six ans après, le procès des attentats du 13 novembre 2015 s’ouvre à Paris, ce mercredi 8 septembre. Un rendez-vous judiciaire d’une importance exceptionnelle, par la symbolique qu’il revêt, mais aussi par sa taille.
9 juges professionnels (dont 4 «remplaçants»)
La cour d’assises a été spécialement composée pour ce procès, comme pour chaque affaire de terrorisme. Cinq juges composent la cour. La présidence sera assurée par Jean-Louis Périès. Sa première assesseure, Frédérique Aline, le secondera. Trois autres juges, particulièrement au fait des dossiers terroristes, les accompagneront. Par ailleurs, quatre magistrats seront présents dans la salle et suivront le procès, pour être capable de remplacer leurs collègues en cas de besoin.
20 accusés
Vingt personnes ont été renvoyées devant la cour d’assises spéciale. Onze d’entre elles comparaitront détenues, dont Salah Abdeslam, seul membre des commandos de terroristes à être vivant. Trois ne seront pas dans le box vitré, mais juste devant, car remis en liberté sous contrôle judiciaire.
Six hommes devant être jugés seront absents. L’un est détenu en Turquie et sa comparution en France n’a pas été permise. Les cinq autres, dont les frères Clain, sont vraisemblablement morts en zone irako-syrienne, après avoir rejoint Daesh. Sans preuves de leur décès, ils doivent tout de même être jugés.
1.800 parties civiles
Plus de 1.800 parties civiles ont été constituées. Il s’agit notamment des blessés (physiques et psychiques), de leurs proches, ou de ceux des 130 personnes ayant été tuées. De très nombreuses nationalités sont représentées. Pour permettre aux personnes ne pouvant pas se déplacer en France ou venir sur place, une web radio a été créée spécialement pour suivre les débats (elle sera accessible avec un code sécurisé qui leur sera donné).
330 avocats
Avec autant d’accusés et de parties civiles, le nombre d’avocats est logiquement très important lui aussi. Ils seront 330 à devoir se succéder dans la salle du procès, en se laissant la place au fur et à mesure. En effet, 24 sièges leur sont dédiés pour la défense, et 42 pour la partie civile. Les autres pourront cependant suivre les débats parmi le public ou dans d’autres salles prévues pour cela, dans le palais de justice (voir plus bas).
750 m2 de salle de procès
Pour accueillir tous ces acteurs du procès, des travaux de plus de 7,5 millions d’euros ont été réalisés dans le palais de Justice de l’île de la Cité. Une salle d’audience spéciale a été créée, mesurant 750 mètres carrés (45 mètres de long, 15 mètres de large). Au total, 550 personnes pourront s’y trouver.
En plus de celle-ci, 15 autres salles plus petites retransmettront le procès via des écrans. De quoi permettre à 2.000 personnes (parties civiles, avocats, journalistes) de se trouver dans l’enceinte du palais de Justice, afin de suivre les débats.
542 tomes dans le dossier
L’enquête, qui a duré quatre ans, a produit un dossier d’instruction énorme. Un million de pages le constituent, classées en 542 tomes. Un total de 45.000 procès-verbaux, rapports d’experts, retranscription d’auditions, analyses scientifiques ou compte-rendu d’investigations y sont consignés, décrit La Croix.
130 journées d’audience
Avec autant de documents à parcourir et de personnes à écouter, le procès s’étendra logiquement sur une longue période. Elle durera au minimum 130 jours, soit huit mois, du mardi au vendredi à partir de 12h30. Les lundis serviront de jours de réserve en cas de retard à rattraper.
![[DSK / POLICE NATIONALE / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_par8330498_5e18a22ae5656.jpg?itok=LvrDi4Jj)
