Aller au contenu principal
Toute l’actu en direct 24h/24
Avec notre application gratuite
Installer
En Direct
En direct
A suivre

Charles de Gaulle : l’héritage du général convoité de gauche à droite

Embouteillages en vue à Colombey-les-deux-Eglises. Qu’ils soient de droite ou de gauche, candidats ou non à l’élection présidentielle, ils sont nombreux à se rassembler aujourd’hui dans la commune de Haute-Marne pour commémorer la mort du général de Gaulle, survenue il y a cinquante-et-un ans jour pour jour.

Alors que la présidentielle approche à grand pas, l’héritage de l’ancien chef de l’Etat, instigateur de la cinquième république, est extrêmement disputé. La personnalité du «Grand Charles», ainsi que ses choix politiques passés, sont matière à une récupération effrénée, plus ou moins légitime.

A cinq mois de la fin du mandat d’Emmanuel Macron, le rendez-vous 2021 est incontournable, pour qui veut afficher sa filiation gaulliste. Si le président ne s’y rendra pas en personne, il sera représenté sur place par le Premier ministre Jean Castex, qui rendra un hommage officiel sur la sépulture.

Il aura bien du mal à ne pas croiser sur place les souverainistes Nicolas Dupont-Aignan et Florian Philippot, mais aussi une importante délégation Les Républicains.

Des hommages, officiels ou pas

Christian Jacob, président du parti, et les cinq candidats à la primaire de droite seront tous présents. Une façon pour ces derniers de rappeler qu’ils sont les descendants politiques les plus naturels du général, malgré les nombreuses tentatives de récupération.

Car la gauche sera aussi présente à Colombey, représentée notamment par Anne Hidalgo. Cette dernière interviendra en tant que maire de Paris, mais son entourage a rappelé que le déplacement de la candidate avait pour but de «remettre l’Histoire à sa place». Ce rendez-vous mémoriel est en effet l’occasion pour la classe politique de se positionner sur le thème.

Ainsi, Eric Zemmour, qui avait prévu de faire le déplacement mais qui s’abstiendra finalement, est particulièrement dans le viseur de ses adversaires. Il a lui aussi convoqué la mémoire du général de Gaulle, qui, selon lui, représenterait «sa droite», à travers l’idée d’un homme providentiel capable de «sauver» la France. La figure de l’ex-chef de l'Etat sera aussi louée par Marine Le Pen aujourd’hui, lors d’un déplacement dans le Calvados. Elle déposera une gerbe au pied d’une croix de Lorraine puis prononcera un discours à Bayeux, où le général s’était exprimé à deux reprises, en 1944 et 1946. Il est, selon elle, «urgent» de «s’inspirer» du personnage.

Un personnage consensuel

Cet empressement à revendiquer l’héritage gaullien s’explique par la popularité toujours vive du général, devenu une figure tutélaire. «C’est un personnage qui fait consensus», analyse Philippe Moreau-Chevrolet, spécialiste en communication politique. «Avec les années, les gens ont oublié ses côtés négatifs et c’est le souvenir du libérateur de la France qui reste».

Une image positive et utile lorsque l’on veut rassurer de potentiels électeurs. «Cela montre que l’on n’est pas un révolutionnaire, pas un factieux», poursuit-t-il. Les fameuses «valeurs» gaullistes sont également mises en avant. «On retrouve de tout chez De Gaulle», décrypte le communiquant. «C’est à la fois la figure monarchique et le côté rebelle face aux puissances étrangères. On a tous quelque chose que l’on peut piocher chez lui». Le pèlerinage annuel a Colombey n’est donc pas près de s’arrêter.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Dernières actualités