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Guadeloupe : le procureur de la République dénonce des violences urbaines «planifiées et organisées»

C'est suite à une information judiciaire confiée à deux juges d'instruction que huit personnes ont été mises en examen après 96 heures de garde-à-vue.[Christophe ARCHAMBAULT / AFP]

Les violences qui secouent la Guadeloupe depuis près de trois mois, sur fond de contestation de l'obligation vaccinale, ont été «parfaitement planifiées et organisées», avec notamment «l'implication active» d'un fonctionnaire de police, a accusé vendredi le procureur de la République. Au total, huit personnes ont été mises en examen pour «association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes et délits en bande organisée».

C'est suite à une information judiciaire confiée à deux juges d'instruction que huit personnes ont été mises en examen après 96 heures de garde-à-vue. Quatre ont été placées en détention provisoire.

«Aucune scène de violence» y compris les plus récentes «n'a été spontanée» a insisté le procureur Patrick Desjardins.

«Dans les surveillances qui ont été mises en place», suite aux premières émeutes de novembre, «nous avons compris qu'il était question d'un partage des rôles entre les jeunes», notamment des gangs de Baie-Mahault, de Pointe-à-Pitre et de Grand-Camp aux Abymes.

Après une nuit d'émeutes, fin novembre, émaillée de tirs contre les forces de l'ordre et où le SPIP (service pénitentaire d'insertion et de probation) a été incendié, «les investigations se sont intensifiées», tenues «dans le plus grand secret», car est apparu, selon le parquet, «la complicité, voire l'implication active d'un fonctionnaire de police», placé désormais sous mandat de dépôt.

La sous-préfecture de Pointe-à-Pitre ciblée

Des échauffourées ont eu lieu entre les manifestants et les forces de l'ordre. Le leader syndical Elie Domota avait été arrêté, puis libéré dans la soirée. Par ailleurs, la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre était une des prochaines cibles, selon l'enquête.

Selon l'enquête, le but était d'obtenir «des sommes conséquentes de la part de grands groupes en échange de la promesse de ne pas lancer les émeutiers contre leurs intérêt».

Réagissant à ces mises en examen, le député Olivier Sevra a indiqué avoir rencontré certains jeunes «dans le cadre des négociations de sortie de crise» et désormais placés en garde à vue ou en détention préventive. Il appelle à une «justice impartiale ne négligeant pas leur rôle dans ce processus d'apaisement et compte tenu de leur volonté de se réinsérer».

Toute la journée, devant le tribunal, une centaine de personnes, dont des leaders du syndicalisme local, était présente «en soutien» aux personnes déférées.

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