Le tribunal judiciaire de Brest a condamné la Direction des constructions navales (aujourd'hui Naval Group), détenue à 100% par l'État à l'époque des faits, pour faute inexcusable. L'affaire concerne un ancien ouvrier tombé malade après avoir été exposé pendant plus de trente ans aux rayonnements des têtes nucléaires des sous-marins de l'île Longue.
Au bout de trois décennies, la justice a tranché. L'Etat a été condamné ce jeudi 2 juin pour faute inexcusable dans l'affaire d'un ancien ouvrier de la Direction des constructions navales (désormais Naval Group) tombé malade après avoir été exposé pendant plus de trente ans aux rayonnements des têtes nucléaires des sous-marins de l'Ile Longue.
Cet électrotechnicien souffre aujourd'hui d'une forme de leucémie, appelée myélodysplasie. «Ce jugement est d'une importance décisive dans la reconnaissance par la justice des graves préjudices subis par les travailleurs irradiés de l'Ile Longue», s'est félicité l'association Henri Pézerat dans un communiqué.
Cette association de soutien aux victimes a indiqué que cet ancien ouvrier du chantier naval «a été exposé sans protection individuelle ou collective adaptée durant une trentaine d'années d'activité professionnelle à plusieurs agents cancérigènes entrés en synergie les uns avec les autres, et notamment des rayonnements neutroniques. Les plus dangereux».
L'Etat déjà condamné dans des affaires similaires
Le tribunal a ordonné la majoration à son maximum de la rente versée à l'ancien ouvrier dont la maladie a été reconnue professionnelle il y a un an, selon l'association, qui ajoute que d'autres dossiers sont en cours d'instruction pour reconnaissance en maladie professionnelle.
Ce n'est pas la première fois que la faute inexcusable du ministère des Armées est reconnue par la justice dans des dossiers similaires concernant d'anciens techniciens de la base nucléaire.
Hasard du calendrier, ce jugement est tombé la veille de l'entrée en service à Brest du premier sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) français de nouvelle génération, le Suffren, en présence du nouveau ministre des Armées Sébastien Lecornu, ce vendredi 3 juin.
![La portée pour l’envoi de missiles est d'environ 1.000 km.[Naval Group]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/capture_decran_2019-07-08_a_12_sous-marins_suffren_5d2317e9809e9.jpg?itok=ptZzuvZg)