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Marseille : le directeur de la police judiciaire Eric Arella démis de ses fonctions

Le directeur de la PJ de Marseille Eric Arella a été démis de ses fonctions. Le directeur de la PJ de Marseille Eric Arella a été démis de ses fonctions. [© Christophe SIMON / AFP]

Le directeur de la PJ de Marseille Éric Arella a été démis de ses fonctions, a-t-on appris ce vendredi 7 octobre de la direction de la police nationale (DGPN).

Le couperet est tombé. Le directeur général de la police nationale (DGPN) Frédéric Veaux a démis de ses fonctions le directeur de la police judiciaire (DZPJ) de Marseille, dans un contexte où les relations étaient particulièrement tendues entre les deux directions depuis l'annonce de la réforme de la police judiciaire.

Une déloyauté inacceptable

Selon les informations de la DGPN, ce dernier sera nommé en tant que chargé de mission à la direction générale de la police nationale à compter de ce lundi 10 octobre.

Il doit être remplacé par Dominique Abbenanti, qui occupait le poste d'attaché de la sécurité intérieure à Alger (Algérie). Il a occupé un certain nombre de postes dans le domaine judiciaire, comme sous-directeur de la police technique scientifique (PTS) et en tant que chefs d'antenne PJ.

«Une telle déloyauté» n'était plus «acceptable», estime-t-on dans l'entourage de la DGPN, qui concède que dans «comme pour toute réforme, il peut y avoir des désaccords». «Les résultats à Marseille sont par ailleurs mauvais avec des niveaux records d’homicides alors que les effectifs ont été considérablement renforcés», ajoute cette même source.

Une décision jugée «brutale et injuste» par le syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN), qui rappelle qu'un limogeage d'un chef de police «doit rester un acte exceptionnel et justifié par des motifs graves et avérés».

Le SCPN regrette également «de ne pas avoir été consulté sur les raisons ayant conduit à une telle mesure», et dénonce d'avoir été prévenus «par communiqués de presse dans les médias». «Au vu des nombreux témoignages de soutienqui affluent, cette décision est totalement incomprise par une immense partie des chefs de police», peut-on encore lire dans le communiqué.

Une réforme source de tensions

Pour rappel, la réforme de la PJ prévoit notamment de rassembler tous les services de police – sécurité publique, CRS, polices aux frontières et judiciaire – et ce, à l'échelle de chaque département, sous l'autorité d'un nouveau responsable unique chargé de chapeauter toutes ces équipes.

Concrètement, avec cette nouvelle organisation, la PJ serait donc intégrée à une filière d'investigation unique, dans laquelle les enquêteurs de la PJ fusionneraient avec ceux de la Sécurité publique qui traitent de la petite et moyenne délinquance. Une nouvelle organisation qui condamnerait, selon les policiers qui y sont opposés, les fameuses «Brigades du Tigre» à une disparition pure et simple.

Pour l’Association nationale de la police judiciaire (ANPJ), lancée le 17 août dernier contre cette réforme, «les effectifs de la police judiciaire ainsi fondus dans ceux de la sécurité publique» n’auraient ainsi «plus ni le temps ni les moyens de combattre la criminalité organisée et les crimes graves et complexes».

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