Le dimanche 2 avril prochain, les Parisiens seront appelés aux urnes pour décider du maintien ou non de l'offre de trottinettes électriques en libre-service disponible sur la capitale. La maire Anne Hidalgo sera dans le camp du «non».
«Continue-t-on ou pas avec les trottinettes en libre-service ?». C'est la question à laquelle les Parisiens seront invités à répondre, le dimanche 2 avril prochain, dans un référendum citoyen organisé par la municipalité.
Un sujet clivant à trancher
Pour Anne Hidalgo et son équipe électorale, la balance penche en faveur du «non». «Mais je respecterai le vote des Parisiens», assure-t-elle ce samedi dans Le Parisien. Selon la première édile, une récente consultation a défini le sujet comme «clivant» au regard des habitants.
Alors pourquoi une telle consultation ? Parce que l'utilisation et le stationnement de ces deux-roues posent problème à de nombreux riverains. Les accidents impliquant des piétons sont nombreux, avec une forte propension des jeunes à rouler à deux sur la machine, ce qui est interdit.
David Belliard, l'adjoint à la mairie de Paris chargé des mobilités, ne cache pas non plus son avis sur la question. En septembre dernier, il expliquait déjà «faire un constat mitigé, voire plutôt négatif des services de trottinettes électriques en free-floating, sur des questions de sécurité, de partage de l'espace public et environnementales», invoquant «un rapport coût-bénéfice qui ne serait pas positif».
Selon Anne Hidalgo, la problématique se limite aux trottinettes en libre-service, sachant que Dott, Lime et Tier sont les trois opérateurs sous contrat depuis 2020. Pour elle, ces services qu'on appelle aussi le "free-floating" ne sont «pas écolo», tandis que «les salariés ne sont pas correctement protégés» par les entreprises. Quant aux engins personnels, ils ne seront pas interdits, précite l'élue.
Les opérateurs contre-attaquent
Au mois de novembre, face à la menace du non-renouvellement de leur contrat (qui doit aller jusqu'en mars, ndlr), les opérateurs avaient proposé une série de 11 mesures pour sécuriser la pratique de la trottinette dans l'espace urbain. Parmi elles, une interdiction aux moins de 18 ans, l'expérimentation de la vidéo-verbalisation, la détection sur les trottoirs ou la création d'un observatoire pour recueillir les données accidentogènes.
Depuis le 24 novembre, Dott, Lime et Tier ont procédé à l'immatriculation des véhicules et à la vérification de l'identité des utilisateurs. Ce qu'avait salué la municipalité. Au total, plus d'1,2 million d'utilisateurs de trottinettes ont été comptabilisés dans la capitale, dont 85 % résidents parisiens.
![Les Parisiens semblent davantage enclins à une meilleure régulation des trottinettes électriques qu'à leur disparition. [© Thomas COEX / AFP] Les Parisiens semblent davantage enclins à une meilleure régulation des trottinettes électriques qu'à leur disparition.](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/trot_63baca4f1050a_0.jpg?itok=blpZIJSC)