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Elections législatives 2024 : Gérald Darmanin, François Hollande, Marie-Caroline Le Pen... Ces circonscriptions à suivre au second tour

Gérald Darmanin, Marie-Caroline Le Pen, François Ruffin, et François Hollande devront faire face à un second tour indécis ce dimanche 7 juillet. [JOEL SAGET / AFP]

Alors que le second tour des élections législatives se tiendra ce dimanche 7 juillet, le Rassemblement national pourrait accéder pour la première fois au pouvoir en cas de majorité absolue à l'Assemblée nationale. Néanmoins, un certain nombre de scrutins demeurent particulièrement indécis.

Les points chauds du second tour. À quatre jours de la seconde phase des élections législatives, 76 des 577 futurs députés de l'Assemblée nationale ont d'ores et déjà été élus au premier tour, tandis que 501 scrutins se tiendront ce dimanche. Alors que moins d'une centaine de triangulaires sont prévues, les désistements et les reports de voix pour répondre à l'appel de la gauche pour constituer un «front républicain» afin de faire barrage au Rassemblement national promettent un second tour serré dans de nombreuses circonscriptions. Voici les principales batailles à suivre ce dimanche.

Les ministres et secrétaires d'État

Dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine, le Premier ministre Gabriel Attal jouit d'une situation relativement confortable. Arrivé en tête du premier tour avec 43,85% des voix, il devra toutefois confirmer ce dimanche à l’occasion du second tour pour battre officiellement la candidate socialiste Cécile Soubelet, investie sous la bannière du Nouveau Front populaire, qui a obtenu huit points de moins que le Premier ministre, avec 35,53% des suffrages exprimés. Le candidat RN, en troisième position avec 12,21% des voix, n'est pas qualifié. 

C’est également le cas pour Gérald Darmanin (36,03%), dans le Nord, qui est l'un des rares poids lourds du gouvernement qui figurent en bonne position lors de ces législatives. En effet, même s'il ne devance que d’une courte tête le candidat du RN (34,31%), il peut compter sur le désistement de la candidate du NFP, arrivée en troisième position. Les ministres Marc Fesneau, 34,56% des suffrages dans sa circonscription du Loir-et-Cher, ou encore Guillaume Kasbarian, 32,89% dans l’Eure-et-Loir, sont pour leur part au coude-à-coude avec leurs adversaires du RN (respectivement 35,22 et 33,66%), mais peuvent eux aussi compter sur les désistements des candidats du NFP. 

Enfin, Stanislas Guerini, ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, se trouve quant à lui en grande difficulté dans la 3e circonscription de Paris. Élu depuis 2017, ce cadre du parti présidentiel a récolté 33,99% des voix au premier tour et devra rattraper un fort retard sur Léa Balage El Mariky (46,15%), la candidate écologiste qu'il avait battue de moins de 800 voix en 2022 (51% contre 49%). Les électorats du Rassemblement national (8,89%) et des Républicains (7,78%) au premier tour seront les arbitres. 

D'autres membres du gouvernement devraient bénéficier du barrage à la droite nationaliste pour conserver leur strapontin au Palais Bourbon. C'est le cas d'Hervé Berville, secrétaire d'Etat à la Mer, qui est ainsi arrivé premier dans les Côtes-d'Armor (33,61%) et qui profitera du retrait de l'écologiste Jérémy Dauphin (25,71%) pour tenter de battre le candidat RN, Antoine Kieffer, (30,96%) ce dimanche 7 juillet.

Les anciens membres du gouvernement

Dans le Calvados, Elisabeth Borne est en ballottage défavorable (28,93%) derrière le candidat du RN (36,26%). Élue députée en juin 2022 et Première ministre jusqu'en janvier dernier, la candidate issue de la coalition présidentielle pourra néanmoins bénéficier du désistement du candidat NFP-LFI, qu'elle avait déjà affronté en 2022, et qui a obtenu 23,16% au premier tour. Un échec face au RN pourrait fortement limiter les ambitions politiques de l'ancienne dirigeante de la RATP, dont la cote de popularité était en hausse, ces derniers temps, dans la majorité.

Dans l’Isère, Olivier Véran fait également face à une situation difficile. En ballottage défavorable avec 33,62% des voix contre 40,19% pour le candidat du NFP, l’ex-ministre devra se dépêtrer d’une triangulaire puisque le candidat LR-RN Alexandre Lacroix est parvenu à se qualifier pour le second tour avec 18,34% des suffrages. L'ancien porte-parole du gouvernement, qui avait un temps envisagé de se reconvertir dans la chirurgie esthétique, pourrait toutefois bénéficier des reports de voix de la candidate des Républicains, arrivée quatrième avec 6,98%.

Situation comparable avec un triangulaire pour Aurélien Rousseau, dans la 7e circonscription des Yvelines, en tête (34,68%) devant ses adversaires Renaissance (29,32%) et des Républicains (25,79%). Candidat du Nouveau Front populaire, six mois après son départ du ministère de la Santé, l'ex-ministre va affronter Nadia Hai, une autre ancienne ministre (de la Ville de 2020 à 2022), et Babette de Rozières, qui porte les couleurs des Républicains soutenus par le Rassemblement national. 

À droite et à l'extrême droite 

Parmi les autres circonscriptions indécises qui contiennent des candidats de droite, on retrouve notamment la 2e circonscription de l’Eure-et-Loir, où Olivier Marleix, élu depuis 2012, est en grande difficulté (25,93%) face au candidat du RN (38,92%), même s’il devrait bénéficier du retrait de la candidate du NFP, arrivée en troisième position à seulement 147 voix près du ténor des Républicains.

Dans l’Essonne, Nicolas Dupont-Aignan devrait faire face à l’une des triangulaires les plus serrées. En effet, l'élu d'Yerres est en ballottage défavorable (32,96%) face à la candidature NFP de Bérenger Cernon, investi par La France insoumise (34,37%). Il ne sera pas aidé par le candidat de droite François Durovray, arrivé troisième (27,38%) au premier tour, qui maintient sa candidature et pourrait empêcher la figure de Debout La France de rempiler à l'Assemblée nationale. 

Le candidat LR et député sortant de la 8e circonscription des Français établis hors de France, Meyer Habib, a obtenu 35,58% des voix au premier tour. Au second tour, il affrontera la candidate de la majorité, Caroline Yadan (24,18%). Cette zone comprend les Français d'Israël, de Chypre, de Malte, de Grèce, d'Italie et de Turquie. Député depuis 2013, Meyer Habib concourt sous l’étiquette LR. S’il a rejeté lors de la campagne le rapprochement d’Éric Ciotti avec le Rassemblement national, le parti de Marine Le Pen a toutefois décidé de ne présenter personne face à lui.

Enfin, la soeur aînée de Marine Le Pen, Marie-Caroline, pourrait intégrer l’Assemblée après avoir obtenu 39,29% des suffrages au premier tour, dans la Sarthe, devant la candidate du NFP qui sera aidée par le désistement de celle de la majorité. La conseillère régionale d'Ile-de-France pourrait remporter ce dimanche 7 juillet sa première victoire à une élection législative, dans ce territoire gagné d'un cheveu par La France insoumise en 2022.

À gauche et au sein du Nouveau Front populaire

À gauche, François Hollande fera face à une triangulaire dans son fief de Corrèze puisqu’il est arrivé en tête avec 37,63% des suffrages, mais que le Républicain Francis Dubois (28,64%) a refusé de se retirer, au risque de faire élire la candidate du RN arrivée en deuxième position (30,89%). Après avoir quitté l'Elysée en 2017, François Hollande pourrait revenir au Palais Bourbon, sept ans plus tard, mais le résultat s'annonce particulièrement serré puisque les réserves de voix sont quasiment inexistantes pour les trois finalistes.

Situation également difficile dans la Somme pour François Ruffin, l'un des initiateurs du Nouveau Front populaire, qui voit sa réélection compromise après sa deuxième place (33,92%) loin derrière la candidate du RN (40,69%). Arrivée en troisième position avec 22,68% des voix, la candidate Ensemble, Albane Branlant, va néanmoins soutenir l'élu de gauche. Elle a été l’une des premières à annoncer son désistement au profit d’un «front républicain». 

Autre ballottage défavorable : celui de Valérie Rabault, dans le Tarn-et-Garonne. La députée socialiste sortante et vice-présidente de l'Assemblée nationale est en difficulté face à la maire des Républicains de Montauban, Brigitte Barèges, soutenue par le Rassemblement national. Cette dernière est arrivée en tête avec 43,9% des suffrages, soit 7 points de plus que la candidate du NFP. Cet affrontement se fera sans la candidate du camp présidentiel, pas parvenue à se qualifier avec 15,49% des voix, mais qui a appelé ses électeurs à soutenir Valérie Rabault. 

Enfin, il s’agit de l’un des scrutins qui sera le plus suivi à l’occasion du second tour. Raphaël Arnault, militant antifasciste lyonnais de 29 ans, s'est qualifié avec 24,76% des voix dans la 1re circonscription du Vaucluse, en deuxième position avec près de 10 points de moins que son adversaire du RN, Catherine Jaouen (34,62%). Celui qui avait eu un échange très tendu avec Gabriel Attal avant le premier tour pourra cependant compter sur le soutien du dissident de gauche éliminé, Philippe Pascal (18,27%). Quatrième avec 16,13%, la candidate centriste Malika Di Fraja a annoncé ne pas donner de consigne de vote.

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