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Billets d’avion pour les Outre-mer : le député de Guadeloupe Olivier Serva dénonce une injustice et lutte pour une baisse des tarifs

Le député de Guadeloupe défend la mise en place d'une commission d'enquête sur les prix des billets d’avion en Outre-mer. [EMMANUEL DUNAND / AFP]

Le député LIOT de Guadeloupe Olivier Serva a annoncé reprendre ses travaux parlementaires afin de mettre en œuvre la baisse générale des prix des billets d’avion pour se rendre en Outre-mer.

«Le voyageur ultra-marin est la poule aux œufs d’or ou encore le dindon de la farce». C’est par ces mots que le député de Guadeloupe Olivier Serva interpellait le Premier ministre Gabriel Attal il y a plusieurs mois, pour dénoncer le prix des billets d’avion pour se rendre dans les Outre-mer.

Maintenant que la composition de l’Assemblée nationale est connue, et que le parlementaire a été réélu, celui-ci entend bien reprendre la lutte pour ce qu’il considère être une injustice. Concrètement, le député siégeant au groupe LIOT pointe du doigt le prix anormalement élevé des billets d’avion pour se rendre dans les territoires ultramarins. «Il n’est pas normal qu’un Paris-New York coûte 99 euros, tandis qu’un Paris-Pointe-à-Pitre coûte 1.000 euros», a-t-il déploré à CNEWS.

L’Etat en partie responsable

Olivier Serva considère «qu’il y a une responsabilité de l’Etat» dans ces prix exorbitants. «Il est le responsable de la continuité territoriale et d’assurer les liaisons entre les territoires de l’archipel France. Au-delà d’assurer le travail des compagnies, il doit pouvoir mieux traiter en fonction des personnes, a-t-il estimé. Si nous comparons les pratiques de prises en charge par rapport à d’autres pays de l’Union européenne qui ont des îles, comme l’Espagne ou le Portugal, c’est 70% à 80 % de prise en charge alors que la France c’est environ 40%. Nous devons faire mieux». 

Parmi les mesures qui causent ces prix, le député de Guadeloupe pointe du doigt la «taxe Chirac», datant de 2005, qui prélève une somme du billet d’avion pour financer le système ferroviaire. Une réglementation qui n’a pas de sens selon lui. «Il n’y a pas de train en Outre-mer, l’application de cette taxe est injuste».

L’élu remarque également que le prix du kérosène, qui représente 30% du billet, pourrait être vu différemment. Olivier Serva reproche d’ailleurs à la Société anonyme de la raffinerie des Antilles (SARA) de se fournir, selon lui, en pétrole brut en mer du Nord, «loin des côtes antillaise», là ou d’autres pays «se fournissent en Amérique du Sud».

Enfin, Olivier Serva dénonce les taxes sur le carburant, «prélevées par la région», qui, d’après lui, devrait davantage «user à améliorer l’attractivité des territoires, en s’occupant de toutes les problématiques, qu’elles soient sécuritaires ou énergétiques, comme les soucis autour de l’eau».

Vers une commission d’enquête ?

De retour à l’Assemblée nationale, Olivier Serva a pour objectif de rencontrer tous les acteurs en lien avec le prix des billets d’avion.

Il compte notamment user de son pouvoir de parlementaire pour «demander la création d’une commission d’enquête sur les prix des billets d’avion en Outre-mer», avec pour finalité, «à court ou moyen terme, de réduire les prix de 20 à 30%».

A la suite de sa question au gouvernement, le 16 mai dernier, Olivier Serva avait eu l’occasion d’échanger avec Gabriel Attal. Si le député reste déterminé à répondre «à un drame», l’absence de gouvernement pour examiner les travaux législatifs pourrait faire durer cette problématique.

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