Le candidat Gabriel Attal a tenu ce samedi, à Paris, son premier meeting présidentiel. Le patron de Renaissance a esquissé les grandes lignes de son projet pour 2027, fixant des objectifs sur le long-terme et appelant à des réformes qu’il juge nécessaires.
Alors qu’une partie de la capitale vit au rythme de la finale de la Ligue des champions, Gabriel Attal a donné rendez-vous à ses militants et sympathisants ce samedi. Le Secrétaire général de Renaissance a tenu, depuis le Parc des Expositions, dans le 15e arrondissement de Paris, son premier meeting de campagne.
C’est entouré des «Jeunes en marche», le mouvement «jeunesse» du parti présidentiel, que le néo-candidat a exposé les grandes lignes de son projet. Mais aussi aux côtés de certains cadres de sa formation politique. «Gabriel Attal incarne un nouvel espoir, a indiqué depuis la tribune Abdoulaye Kanté, membre des forces de sécurité intérieure et Conseiller de Paris. Le moment est important et décisif pour l’avenir de la France», a-t-il ajouté.
Plusieurs ministres présents
«Il n’est pas un ami de discours, mais d’action», a scandé de son côté la députée ukrainienne Lesya Vasilenko. Celle-ci a souligné la présence de Renaissance, présidé par Gabriel Attal et «du bloc pro-européen qui a choisi de regarder l’Ukraine quand d’autres regardaient ailleurs».
Face à 5.000 personnes, plusieurs ministres, 80 parlementaires, mais aussi des élus locaux, Gabriel Attal a, en ouverture de son discours, salué «les visages de la France, fière de son passé et sûre de son destin».
Avec vous, je vois les visages d'une France unie, diverse, ambitieuse, fière de son passé et sûre de son destin !
Et c'est pour elle que j'ai décidé d'être candidat à l'élection présidentielle. pic.twitter.com/rXBfEAEdt6— Gabriel Attal (@GabrielAttal) May 30, 2026
L’ancien Premier ministre a également tenu à remercier Emmanuel Macron. «Le président de la République m’a fait confiance. Je ne l’oublierai jamais», a-t-il lancé sous les chants «Attal président» de ses partisans. Gabriel Attal a expliqué que sa candidature était «le fruit d’un cheminement politique face aux Français». «En exerçant le pouvoir, j’ai mûri, j’ai acquis une force, la force d’agir», a-t-il scandé, comme un slogan de campagne.
Le développement de l'armée
Reconnaissant «un défi immense», le Secrétaire général de Renaissance a émis le refus «de sacrifier l’avenir», au risque de rester «bloqué dans un modèle qui mènerait à une fracture générationnelle». Afin de «relancer l’avenir et changer le système», Gabriel Attal a reconnu la nécessité de réformer le pays. Celui-ci a par la même occasion insisté sur la valeur du travail. «Le travail doit permettre de s’émanciper, il doit mieux payer, payer vraiment, mieux que l’inactivité», a-t-il déclaré.
Le député des Hauts-de-Seine a développé une série de propositions visant à «assurer un système de santé accessible à tous», «assurer la propriété aux jeunes générations», mais aussi le développement «d’une armée forte, prête à intervenir et adaptée aux nouveaux conflits».
Il a enfin émis deux promesses : «Refaire de la France la première puissance d'Europe en dix ans» et «faire en sorte que chaque Français ait la certitude que la prochaine génération vivra mieux que la sienne».
Quatre sujets capitaux
Gabriel Attal a étayé les «quatre capitaux» qu’il entend porter tout au long de sa campagne, citant, comme premier point l’école. «C’est mon combat, je le porte depuis toujours. Elle est la condition de la liberté, de l’égalité en offrant à tous les mêmes chances. De la fraternité, de l’avenir», a-t-il développé. Mettant en avant une «école qui protège», le candidat a réaffirmé sa volonté de lutter contre le harcèlement scolaire. «Je veux le bien-être de tous», a-t-il déclaré. Une sécurité pour les élèves mais aussi pour les professeurs. «Le pas de vague, c’est fini», a-t-il insisté.
L'École est la mère de toutes les batailles. C'est mon combat. Parce que tout commence à l’École, tout commence par l’École. pic.twitter.com/kMu2s6KEqN
— Gabriel Attal (@GabrielAttal) May 30, 2026
Comme deuxième chantier, Gabriel Attal a refusé de laisser la thématique «du salaire» à «la gauche». «Il est insupportable qu’un Français qui travaille ne s’en sorte pas». Il a ainsi défendu la nécessité de «faire monter les salaires», en investissant «sur la productivité et l’innovation», mais aussi en «rapprochant le salaire net du salaire brut, en baissant les charges des salariés».
Après la gauche, Gabriel Attal a refusé de «laisser la question des frontières à la droite». En faisant allusion à certaines autres forces politiques, il a dévoilé sa stratégie sur le sujet de l'immigration. «Il faut accueillir moins, pour accueillir mieux. L’immigration zéro n’est ni possible, ni souhaitable, pas plus que les portes grandes ouvertes», a-t-il jugé.
Enfin, l’ancien Premier ministre a appelé à «s’emparer de l’intelligence artificielle» et de ne pas rater le virage de l’IA, «comme la France a raté celui du numérique au début des années 2000».
Pour atteindre ces quatre sujets capitaux, Gabriel Attal a estimé qu’il devait cependant réussir à résorber la dette économique et la dette écologique. Il a ainsi fait la promesse de «résorber le déficit en dix ans». Un objectif auquel s’ajoute sa volonté de «changer radicalement le système des retraites», en refusant de figer le débat sur l’âge de départ. Revenant sur son souhait d’investir sur l’avenir, il a ainsi proposé de verser 1.000 euros à chaque naissance d’un nouveau-né sur un compte «que sa famille pourra abonder en défiscalisant».
LFI et le RN ciblés
Pour l'heure, Gabriel Attal partage son espace politique avec Edouard Philippe, candidat à la prochaine élection présidentielle. Pour autant, le patron de Renaissance a refusé de qualifier le président du parti Horizons comme adversaire. «Mes adversaires sont les marchands de haine que représentent La France insoumise et le Rassemblement national qui veulent briser le pays», a-t-il lancé.
Alors que les deux formations politiques sont, selon de nombreux sondages, annoncées au second tour, Gabriel Attal a appelé ses militants à «briser la tenaille des extrêmes» et à tout mettre en oeuvre pour réaliser «le rassemblement».