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JO 2024 : le parquet de Paris ouvre une enquête après la plainte pour cyberharcèlement d'Imane Khelif, championne olympique de boxe

Elle a été victime d'une polémique sur son genre. Peter Cziborra/REUTERS

La boxeuse algérienne Imane Khelif, médaillée d'or aux Jeux olympiques de Paris 2024, avait déposé plainte vendredi dernier à Paris pour cyberharcèlement aggravé, après avoir été victime d'une polémique sur son genre. Une enquête a été ouverte.

«Tout juste médaillée d'or aux JO de Paris 2024, la boxeuse Imane Khelif a décidé de mener un nouveau combat : celui de la justice, de la dignité et de l'honneur», avait annoncé samedi 10 août Me Nabil Boudi, l'avocat d'Imane Khelif, dans un communiqué.

Ce dernier avait indiqué avoir «déposé vendredi une plainte pour des faits de cyberharcèlement aggravé auprès du Pôle de lutte contre la haine en ligne (PNLH) du parquet de Paris». Sa cliente, Imane Khelif, médaillée d'or en -66 kg, a été victime d'une polémique autour de son genre durant les JO. 

A la suite de cette plainte, le parquet de Paris a annoncé, ce mercredi 14 août, ouvrir une enquête. L'enquête a été ouverte par le Pôle national de lutte contre la haine en ligne pour «cyberharcèlement en raison du genre, injure publique en raison du genre, provocation publique à la discrimination et injure publique en raison de l'origine», a précisé le parquet.

Les investigations ont été confiées à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité et les crimes de haine.

La plus grosse tâche de ces Jeux olympiques

Pour Nabil Boudi, «le harcèlement inique subi par la championne de boxe restera la plus grosse tâche de ces Jeux olympiques».

«L’enquête pénale déterminera qui a été à l'initiative de cette campagne misogyne, raciste et sexiste mais devra aussi s'intéresser à celles et ceux qui ont alimenté ce lynchage numérique», a encore ajouté l'avocat.

L'athlète algérienne s'est retrouvée malgré elle à Paris au centre d'une controverse sur le genre, sur fond de différend entre le Comité international olympique (CIO) et la Fédération internationale de boxe (IBA). 

UNE FEMME «avec des pouvoirs spéciauX»

La polémique trouve son origine dans son exclusion, comme la Taïwanaise Lin Yu-ting, des championnats du monde à New Delhi en mars 2023.

Selon la Fédération internationale de boxe, Imane Khelif a échoué, à ce moment-là, à un test destiné à établir son genre. Non-reconnue par le monde olympique, l'IBA a refusé de préciser quel type de test avait été pratiqué.

Pour le CIO, son éligibilité ne fait aucun doute et la boxeuse a participé aux Jeux dans le tournoi féminin. Mais l'exclusion de New Delhi a refait surface quand son adversaire au premier tour a abandonné dès la première minute de leur combat.

Sur les réseaux sociaux, Imane Khelif a alors été victime d'une campagne de haine et de désinformation, empreinte de racisme, la présentant comme un «homme combattant des femmes». 

«Je suis une femme forte avec des pouvoirs spéciaux. Depuis le ring, j'ai envoyé un message à ceux qui étaient contre moi», a estimé ce vendredi Imane Khelif aux médias après sa victoire. 

«J'ai fait l'objet d'attaques et d'une campagne féroce et c'est la plus belle réponse que je puisse donner. La réponse a toujours été sur le ring», a-t-elle conclu.

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