Des syndicats d’enseignants ont appelé à faire grève ce mardi 10 septembre contre la généralisation de l’évaluation des élèves en primaire. Celle-ci est jugée inefficace et trop pesante dans le calendrier.
Une réforme inadaptée ? Cette semaine s’ouvrent les évaluations nationales à l’école primaire, dont l’extension aux CE2 et CM2 est une nouveauté de cette rentrée. Trois syndicats enseignants, FSU-SNUipp, CGT éducation, et Sud éducation, s'opposent à la généralisation de ces évaluations et appellent les professeurs des écoles à ne pas les faire passer «pour faire blocage».
#ConférenceDePresse#Rentree2024
— FSU-SNUipp (@FSU_SNUipp) August 26, 2024
La FSU-SNUipp tient sa conf. de rentrée dans un contexte particulier, un jour avant @NBelloubet, ministre démissionnaire de l'@education_gouv. Après 3 ministres différents en 2023-2024, qu'est-ce qui attend la #TeamPE & #AESH ?
#Thread pic.twitter.com/SDuRrLMo3z
Selon les professeurs, ces évaluations mettent en évidence plusieurs problèmes. Un surplus de travail dans un calendrier déjà surchargé : les professeurs dénoncent des évaluations longues, complexes à corriger, dont les résultats doivent être saisis dans un délai relativement court, et dont la longueur (une semaine) occupe un temps précieux sur le calendrier scolaire qui ne compte que 36 semaines.
Par ailleurs, les syndicats de professeurs indiquent que ces évaluations n’ont pas de réel effet sur la réussite des élèves, et qu’elles ne reflètent pas non plus la réalité de leur niveau (les résultats sont régulièrement différents des tests internationaux, tels que les études Pisa ou TIMS, qui pointent les difficultés des élèves français).
Et pour cause : elles ne concernent pas tous les champs de l'éducation car elles sont très centrées sur le français, les maths, et la lecture. Une épreuve est particulièrement décriée : celle de la «fluence» qui consiste à faire lire un texte le plus rapidement possible sans en évaluer la compréhension.
Enfin, certains professeurs dénoncent une politique toujours plus centralisée qui empiète sur la liberté pédagogique des professeurs, ainsi qu’une politique de tri des élèves. Selon les syndicats, ces tests sont «source de stress» pour les enseignants, comme pour les élèves et les familles, et ne répondent pas aux véritables problématiques rencontrées dans le système éducatif français.
«interpeller les parlementaires»
De son côté, le ministère explique en effet sur son site que ces évaluations ont pour but «d'ajuster les politiques éducatives» et de donner un baromètre de la situation scolaire des élèves nécessaire à l’actualisation des programmes.
Avec cette journée de grève, les syndicats souhaitent aussi dénoncer les conditions de travail dans les écoles, notamment les effectifs dans les classes plus élevés que la moyenne européenne ou le manque d'attractivité du métier d'enseignant. La FSU-Snuipp souhaite également «interpeller les parlementaires» sur la question de l'école dans les semaines à venir.
![Le coût moyen de la rentrée scolaire pour un élève de primaire s'élève à 236 euros en 2024. [CLEMENT MAHOUDEAU / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_36fc8gt-taille1200_66d71d09bce3b_0.jpg?itok=EhV0FU82)