Les députés ont approuvé mercredi la taxe sur les hauts revenus prévue dans le projet de budget du gouvernement, en supprimant sa dimension temporaire, et dans une version réécrite par le rapporteur, qui entend limiter les possibilités d'"optimisation fiscale". La commission des Finances a adopté cette contribution, qui pourrait toucher autour de 24.300 foyers fiscaux selon une évaluation préalable.
Les députés ont majoritairement approuvé le fait de la rendre permanente, et le rapporteur général Charles de Courson (Liot) a réécrit une partie de l'article du gouvernement, dans le but de limiter les "possibilités d'optimisation fiscale". Ces votes devront toutefois être renouvelés dans l'hémicycle, où les députés repartiront de la version initiale du projet de loi.
La commission des Finances de l'Assemblée nationale a officiellement demandé mercredi à être dotée des pouvoirs d'une commission d'enquête pour déterminer les raisons du dérapage du déficit public, qui selon l'exécutif pourrait atteindre les 6,1% du PIB en 2024. La commission va demander ces pouvoirs pour enquêter sur "les causes" de "la variation" et des "écarts des prévisions fiscales et budgétaires" constatées sur les années 2023 et 2024.
La demande sera transmise à la présidente Yaël Braun-Pivet puis notifiée au gouvernement, aux présidents de groupe et de commission, qui auront un bref délai pour s'y opposer. Mais le Premier ministre Michel Barnier a semblé approuver cette initiative, estimant mardi que la commission devrait "déterminer les chiffres, les faits, la vérité et la dire aux Français".
Le projet de loi de Finances fait déjà l’objet de critiques.
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a d’ores et déjà annoncé que son parti ne voterait pas le budget 2025 en l’état. En effet, le RN souhaite y apporter de nombreuses modifications.
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La secrétaire d’État à la Consommation Laurence Garnier a estimé mercredi que chacun devait mesurer "l'impératif d'accepter de faire un effort", face à la grogne de la grande distribution sur la contribution demandée aux plus grandes entreprises dans le projet de budget 2025.
"Il y a un certain nombre d'acteurs à qui le gouvernement va demander de faire un effort exceptionnel et ponctuel, j'attends que chacun mesure la nécessité de cet effort et mesure l'impératif d'accepter de faire un effort, qui sera ponctuel", a-t-elle indiqué lors d'un point presse sur les sujets de consommation.
"Une catastrophe qui touchera la vie quotidienne des Français des crèches aux Ehpad" : les acteurs de l'économie sociale et solidaire se sont alarmés mercredi de la baisse des budgets prévus dans leur secteur par le gouvernement, estimant à 186.000 le nombre d'emplois détruits.
"C'est le premier kilomètre de l'intérêt général qui est touché: l'accompagnement du grand âge, l'insertion, la culture, les crèches", a dénoncé Benoît Hamon, président de l'ESS, association rassemblant les acteurs et réseaux de l'économie sociale et solidaire, soit quelque 220.000 organisations.
Les députés LR, qui ont "besoin de se sentir cajolés" après les récentes tensions avec la macronie, ont été reçus mercredi à Matignon par Michel Barnier et ont insisté sur la nécessité de "protéger" les retraites dans le budget, ont indiqué des participants à l'AFP.
Ils "ont insisté sur la nécessité de protéger les retraites et, en particulier, les petites retraites", a ajouté le porte-parole du groupe Vincent Jeanbrun.
En déplacement au mondial de l'Automobile à Paris, le président du RN Jordan Bardella a annoncé que son parti ne «votera pas le budget» présenté par le gouvernement.
«Mais avant le vote du budget, une discussion aura lieu à l'Assemblée nationale» et «nous entendons, avant même que se pose la question d'une censure ou d'un vote (c'est le Premier ministre qui décidera), de faire adopter un maximum de nos mesures», a-t-il ajouté.