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Censure du gouvernement : ce que pourrait annoncer Emmanuel Macron ce jeudi soir à la télévision

Alors que Michel Barnier est attendu ce jeudi matin à l’Élysée pour remettre sa démission à Emmanuel Macron, le président de la République s’adressera aux Français à 20h. Voici ce qu’il pourrait évoquer.

C'était attendu, c'est désormais chose faite : la motion de censure déposée par le Nouveau Front populaire a été adoptée avec 331 voix, soit 43 de plus que la majorité absolue de 288 voix qui était requise pour son adoption.

Le Premier ministre est attendu ce jeudi matin à 10h à l’Élysée pour remettre sa démission ainsi que celle de son gouvernement, plongeant la France dans une situation inédite et vers un avenir politique et budgétaire incertain.

En réponse, Emmanuel Macron a fait savoir qu’il s’adressera aux Français ce jeudi soir à 20h. 

Nommer un Premier ministre 

La première mission du président de la République est désormais de savoir qui nommer à Matignon, pour remplacer Michel Barnier. Selon son entourage, le chef de l’État, qui avait anticipé la censure, sonde depuis plusieurs jours autour de lui pour trouver le remplaçant idéal. D'après plusieurs sources, il veut «aller vite» pour ne pas reproduire le climat d’incertitude qu’il avait installé après les législatives du mois de juin, alors qu’il avait mis près de deux mois à choisir son Premier ministre. 

Emmanuel Macron pourrait donc profiter de cette allocution, pour annoncer dès ce soir le remplaçant de Michel Barnier. Si le président semble balayer l'hypothèse d'une personnalité de gauche, en dépit du score du Nouveau Front populaire aux législatives, un Premier ministre trop à droite serait pour sa part censuré par le NFP, avec l’aide de l'aile gauche du camp macroniste. Un Premier ministre issu du «socle commun» ne ferait quant à lui que reproduire la situation actuelle. 

Et pourtant, plusieurs noms circulent depuis quelques jours, quasiment tous issus du «socle commun» d’Emmanuel Macron, comme Sébastien Lecornu, François Bayrou, ou encore François Baroin. L’ancien ministre de l’Économie de Nicolas Sarkozy tiendrait d’ailleurs la corde, selon certaines sources, malgré sa proximité politique avec Michel Barnier, qui pourrait conduire à la même situation de blocage. 

le point central de l’indexation des retraites sur l’inflation

S’il choisit de nommer un Premier ministre issu de son socle commun, le chef de l’État prend donc le risque de s’exposer à une nouvelle censure immédiate. Pour éviter cette situation et rassurer les parlementaires, Emmanuel Macron pourrait annoncer qu’il cède sur le point emblématique de l’indexation des retraites sur l’inflation, réclamé depuis trois mois par la gauche et désigné comme une «ligne rouge» par le Rassemblement national. 

Et pour cause : la première mission du gouvernement sera de proposer un nouveau budget, à la fois de la Sécurité sociale, mais aussi de financement de l’État, avant les délais impartis par la Constitution, c’est-à-dire avant le 31 décembre. Faute de majorité à l’Assemblée nationale, le nouveau Premier ministre sera contraint de trouver des compromis s’il veut éviter une nouvelle censure, qui plongerait la France dans une situation complexe

Rassurer les Français sur la situation du pays

Alors que la communication politique du camp macroniste consistait jusque-là à prévenir d’une crise économique avec un risque de «tempête sur les marchés financiers» si le budget était censuré, Emmanuel Macron pourrait profiter de son allocution pour rassurer les Français en détaillant le calendrier à venir jusqu’à la fin de l’année, avec la constitution d’un nouveau budget. 

Depuis l’Arabie saoudite, il a déjà rappelé que l’économie française était «forte» et que «la France est un pays riche, solide, qui a fait beaucoup de réformes et qui les tient, qui a des institutions stables, une Constitution stable».

Prendre les pleins pouvoirs

C’est une option peu probable mais qui demeure sur la table : Emmanuel Macron pourrait annoncer ce jeudi qu’il déclenche l’article 16 de la Constitution, qui confère des pouvoirs exceptionnels au président. Cet article peut être déclenché si «les institutions de la République, l’indépendance de la Nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux sont menacées d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu», dispose la Constitution.

Si cet article a été créé pour des conditions de guerre, il pourrait être appliqué dans ce cas de figure. Emmanuel Macron pourrait ainsi imposer le fonctionnement de l’État jusqu’à ce que les parlementaires se mettent d’accord. Les services publics pourraient fonctionner et les impôts seraient prélevés. Néanmoins, après trente jours d’exercice des pouvoirs exceptionnels, le Conseil constitutionnel peut être saisi par le président de l’Assemblée nationale, le président du Sénat, ou 60 parlementaires, pour vérifier si les conditions d'application de cet article sont toujours remplies. 

l'hypothèse d'une demission ne tient pas la corde 

Autre hypothèse qui reste toutefois très peu probable : le président de la République pourrait annoncer sa démission, immédiate ou future, comme cela est réclamé par une partie de l’opposition.

Face au blocage institutionnel du pays, provoqué par le résultat de la dissolution qu’il a lui-même engagée, le chef de l’État pourrait choisir de se retirer, comme l’avait fait le général de Gaulle à son époque, afin de permettre l’organisation de nouvelles élections présidentielles. Ces dernières devraient se dérouler dans un délai de 20 à 35 jours, selon la Constitution. 

Néanmoins, Emmanuel Macron d’ores et déjà coupé court à l'hypothèse d'une démission. «Je serai là jusqu’à la dernière seconde, a-t-il déclaré à CNEWS ce mardi depuis l’Arabie saoudite. Je ne fais pas dans la politique fiction».

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