Selon un sondage CSA pour CNEWS, le JDD et Europe 1, publié ce jeudi 26 décembre, 62% des Français répondent «non» à la question «la justice française est-elle impartiale ?».
Les Français font-ils confiance à leur système judiciaire ? D'après un sondage* CSA pour CNEWS, Europe 1 et le JDD publié ce jeudi 26 décembre, ils expriment une certaine défiance à son égard puisque 62% jugent la justice française partiale.
La situation était toutefois encore plus critique en novembre dernier sachant qu'à l'époque 65% des interrogés répondaient «non» à la question «la justice française est-elle impartiale ?». Entre les deux enquêtes la part du «oui» a donc augmenté de trois points, passant de 35% à 38%.

Les résultats publiés ce jeudi indiquent que le «non» l'emporte néanmoins dans toutes les catégories d'âge ou presque. Les 18-24 ans estiment à 54% que la justice française est impartiale mais l'opinion inverse l'emporte systématiquement à plus de 60% chez leurs aînés, avec un pic à 67% du côté des 65 ans et plus.
Les Français optent pour le «non» quelle que soit leur catégorie socioprofessionnelle, mais la question divise tout de même davantage les CSP+, qui affichent 51% de «non» et 48% de «oui». Les CSP- et les inactifs jugent la justice française partiale respectivement à 63% et 69%.

Au global, les électeurs de gauche estiment que la justice est impartiale à 55%. Cette tendance est observée du côté des électeurs du Parti socialiste, qui plébiscitent le «oui» à 69%. Ce n'est toutefois pas le cas de ceux qui soutiennent la France insoumise ou les écologistes, puisqu'ils ont respectivement choisi le «non» à 62% et 54%.
Comme les électeurs du Parti socialiste, les sympathisants de Renaissance expriment leur confiance envers le système judiciaire français, à 60%. L'inverse se produit à droite puisque les soutiens des Républicains jugent la justice partiale à 70% et la défiance monte encore d'un cran chez les sympathisants de l'extrême droite, avec 75% de «non» du côté des électeurs du Rassemblement national.
Gérald Darmanin veut plus de fermeté
Ce sondage a été réalisé avant la nomination, lundi soir, de Gérald Darmanin au poste de ministre de la Justice. Les prochaines enquêtes d'opinion sur cette thématique seront donc d'autant plus scrutées.
Reste que lors de sa passation de pouvoir avec Didier Migaud mardi, Gérald Darmanin a promis de faire du narcobanditisme et du trafic de drogue sa «priorité absolue». En ce sens, le ministre de la Justice a annoncé qu’il donnerait dans les prochains jours des instructions «très fermes» aux procureurs.
«La drogue pourrit tout», a par exemple insisté le nouveau garde des Sceaux, deuxième personnage de la Ve République à avoir occupé le poste de ministre de la Justice et de l'Intérieur, après Michèle Alliot-Marie.
Par ailleurs, dans l’optique de la lutte contre cette dite de «l'inexécution des peines», Gérald Darmanin a proposé de s’inspirer du modèle en place aux Pays-Bas, visant à créer des établissements pénitentiaires spécifiques pour les courtes peines afin de garantir l’incarcération, même pour des peines de moins d'un an.
Ce modèle semble être plébiscité par le ministre de l’Intérieur. Dans un entretien accordé au Parisien en octobre dernier, Bruno Retailleau s’était dit favorable au développement des courtes peines de détention, jusqu’à moins d’un mois, qui auraient «montré aux Pays-Bas leur efficacité».
*Sondage réalisé les 19 et 20 décembre par questionnaire auto-administré en ligne sur un échantillon national représentatif de 1.010 personnes âgées de plus de 18 ans, selon la méthode des quotas.