Dans une circulaire destinée aux préfets, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a détaillé les mesures phares de son dispositif «villes de sécurité renforcée» pour lutter contre le narcotrafic. Ce plan englobe un contrôle renforcé des commerces suspectés de blanchir l'argent de la drogue et des fouilles de caves plus fréquentes.
Une évolution de la doctrine «place nette» pour «lutter à armes égales face à la criminalité organisée». Ce vendredi 14 février, le ministre de l'Intérieur a détaillé devant la presse une circulaire consacrée à son nouveau dispositif «villes de sécurité renforcée». Bruno Retailleau a souligné sa volonté d’«inscrire la lutte contre le narcotrafic en France dans la durée».
qu'est ce qu'une «ville de sécurité renforcée ?»
Dans le document relayé mercredi, Bruno Retailleau a explicité le cumul de quatre critères permettent de cibler au mieux les villes concernées par ce nouveau dispositif de lutte contre le narcotrafic.
Le premier point étant «un enkystement des trafics de stupéfiants avec un contrôle social imposé par les délinquants, des actions violentes et l'usage d'armes à feu». Le second critère englobe «une concentration des faits de délinquance sur un territoire réduit». Les deux derniers points soulignés par le ministre de l’Intérieur sont «l'existence de troubles à l'ordre public récurrents» et «la présence d'une immigration irrégulière et de repli communautaire».
Un dispositif basé sur quatre leviers d’action
Bruno Retailleau a mis en exergue quatre principaux leviers d’action pour endiguer rapidement le narcotrafic en France :
- Démanteler durablement les filières et équipes de délinquants par le biais d’enquêtes judiciaires judicieusement préparées.
- Occuper l’espace public par le biais d’opérations prolongées dans le temps, aussi longtemps que nécessaire.
- Mobiliser l'ensemble des instruments administratifs disponibles.
- Déposséder les délinquants et leur entourage de leur patrimoine.
«Ce travail doit s'effectuer en étroite coordination entre les deux forces de police et de la gendarmerie nationales, notamment en procédant à des opérations de contrôles de flux en périphérie des secteurs ciblés pour contrarier le délinquant dans ses déplacements», a ajouté Bruno Retailleau.
une grande fermeté demandée sur le terrain
Sur le premier volet lié aux enquêtes menées en amont pour mieux identifier les cibles prioritaires, le ministre de l’Intérieur a priorisé plusieurs mesures concrètes.
Il a mis en avant la mise en place de sanction systématique de toute infraction administrative et le renforcement des contrôles de commerces avec les administrations partenaires. Il a aussi milité pour une technique de déstabilisation via l’approche situationnelle (vidéo protection ou aménagement urbain).
Dans ce même cadre, le ministre de l’Intérieur a souhaité le renforcement de la «police des étrangers» (avec dégradation des titres de séjour et éloignement des individus en situation irrégulière). Il a enfin acté le retrait des financements publiques des associations liées au narcotrafic.
Pour le deuxième volet, il a mis en avant différentes approches de terrain, comme les «contrôles et les fouilles de caves et parties communes sur réquisition du parquet avec chiens de recherches en stupéfiants, armes, munitions et billets».
Bruno Retailleau a annoncé un durcissement des opérations de contrôles dans les transports en commun, ainsi que des opérations de reprise de la voie publique en lien avec les municipalités et les bailleurs sociaux.
Il a annoncé l’implantation de commissariats ou de brigades mobiles, ainsi que le renforcement des fouilles des véhicules et des opérations de contrôles routiers, notamment sur les accès.
Enfin, le ministre de l’Intérieur a fait part de son vœu d’une utilisation accru des drones et de la vidéo protection.