A l’approche du congrès du Parti socialiste, qui doit se dérouler au mois de juin prochain, plusieurs opposants à Olivier Faure, le Premier secrétaire, candidat à sa réélection, appellent à s’unir et proposent une ligne différente pour le PS. Une stratégie qui se démarque par le refus de s’allier à La France insoumise.
L’opération «réélection à la tête du PS» s’annonce compliquée pour Olivier Faure. Au mois de juin prochain, les adhérents du Parti socialiste seront invités à élire leur Premier secrétaire lors d’un congrès.
Si la ville n’a pas encore été choisie, les candidats sortent petit à petit du bois. Tous partagent d’ailleurs une volonté de rupture avec la ligne d’Olivier Faure, candidat à sa réélection.
C’est le cas notamment d’Hélène Geoffroy, la maire de Vaulx-en-Velin (Rhône). Ce lundi, l’édile a défendu «une candidature socialiste ou sociale-démocrate en 2027» et appelle à «un Epinay II» pour rassembler «la famille des socialistes et sociaux-démocrates dispersés».
Opposante à Olivier Faure, celle-ci a affirmé que «seule une candidature socialiste ou sociale-démocrate en 2027 dotée d'un projet de transformation du pays» pourra entraîner l'adhésion des Français et empêcher «le RN d'arriver au pouvoir», dans un texte préfigurant la contribution générale que son courant Debout les socialistes va porter en vue du congrès de juin.
Elle veut ainsi rassembler «les militants regroupés autour» de Benoit Hamon (Générations), Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste), l'ex-Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve, le leader de Place Publique Raphaël Glucksmann, ou l'ex-macroniste Sacha Houlié.
Une opposition fédérée
Opposé à Olivier Faure et à une alliance du PS avec La France insoumise, Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen, a promis, dans une tribune signée par une quinzaine de cadre du parti dans l’Opinion, un «nouveau rassemblement de la gauche», notamment avec Place Publique de Raphaël Glucksmann, en cas de victoire au congrès.
Ces cadres socialistes ont également refusé «une union sans cohérence de fond, réduite à des accords électoraux circonstanciels» comme ce fut le cas, selon eux, avec la Nupes en 2022 ou le Nouveau Front populaire en 2024.
Tout comme lors du précédent congrès en 2023, ils ont dénoncé «une partie de la gauche», qui «depuis le 7-Octobre notamment s’est éloignée de nos valeurs et agit comme une force répulsive de fracturation», visant La France insoumise sans jamais la nommer, à qui ils reprochent d'agir «expressément pour faire battre la gauche aux élections municipales».
De son côté, Karim Bouamrane, maire socialiste de Saint-Ouent (Seine-Saint-Denis) a appelé tous les opposants à Olivier Faure à s'unir dans une «contribution commune» pour le prochain congrès, afin de contrer le premier secrétaire sortant, qu'il accuse «d'incarner l'immobilisme».
Hostile à l'alliance du PS avec La France insoumise, l’édile a appelé, dans un communiqué, à présenter «une alternative à l'immobilisme» et à déposer «une contribution unique pour une motion unique» pour le prochain congrès, prévu du 13 au 15 juin.