Le ministère de la Santé a annoncé ce jeudi être favorable à la légalisation du cannabis thérapeutique en France.
Une étape importante. L'autorisation de traitements à base de cannabis en France, sur laquelle règne un grand flou depuis plus d'un an, vient de franchir un pas important avec l'annonce ce mercredi par le gouvernement «d'une formalité administrative cruciale».
«Les textes définissant le cadre de production et d'autorisation du cannabis à usage médical ont été notifiés à la Commission européenne», a indiqué le ministère de la Santé dans un communiqué.
Aussi, cette même source a ajouté un éclaircissement de taille. En effet, l'autorisation pour certains patients de consommer du cannabis thérapeutique a été prolongée «jusqu'au 31 mars 2026 à titre exceptionnel». «Il s’agit d'une nouvelle étape pour le développement d’un accès encadré et sécurisé au cannabis médical en France», précise le document du ministère de la Santé.
L'expérimentation, prolongée jusqu'à l'année prochaine, avait déjà été prolongée jusqu'à l'été 2025, alors que les patients sous traitement auraient dû abandonner le procédé fin 2024, date de fin à l'origine de cette procédure spéciale.
Vers une légalisation en 2026 ?
Les acteurs qui défendent la légalisation de l'usage du cannabis médical ont favorablement accueilli la nouvelle.
Le président de l’Union des industriels pour la valorisation des extraits de chanvre (Uivec), Ludovic Rachou, a salué un «un soulagement pour les patients qui n’ont plus à se projeter dans une perspective de sevrage» et un «motif d’espoir pour les futurs patients».
De son côté, Nicolas Authier, président du comité scientifique de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a expliqué chez Actu.fr le processus permettant d'inscrire durablement l'autorisation du cannabis médical dans le droit français.
«Il faut notifier le projet de décret à la Commission européenne, qui doit ensuite être examiné et validé par le Conseil d'État. L’ANSM pourra alors autoriser les médicaments à base de cannabis sur le marché. Il reste ensuite à discuter du prix des médicaments et des possibilités de remboursement avec la Haute autorité de santé (HAS). Cela demande un peu de temps, mais sa généralisation pourrait prendre effet d'ici à la fin 2025, ou début 2026», a-t-il assuré chez nos confrères.