Marine Le Pen a été condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec «exécution provisoire», dans l'affaire des assistants parlementaires européens du RN. Un traitement «particulier» selon Élisabeth Badinter, qui se dit «mal à l’aise» avec ce jugement.
Une double peine. La cheffe de file des députés Rassemblement national (RN) a été condamnée par le tribunal correctionnel de Paris, lundi 31 mars, à quatre ans de prison dont deux ans ferme sous bracelet électronique à domicile, mais aussi à 100.000 euros d’amende et à une inéligibilité de cinq ans avec «exécution provisoire», soit immédiate, pour détournement de fonds publics et complicité de ce même délit, dans l'affaire des assistants parlementaires du RN.
Si Marine Le Pen a fait appel de sa condamnation, sa participation à l’élection présidentielle de 2027 est remise en cause. De quoi rendre «mal à l’aise» Elisabeth Badinter, qui a dévoilé son sentiment dans les colonnes du Point. Selon la philosophe, un «traitement particulier» a été réservé à la cheffe des députés du Rassemblement national, qui se trouvait en tête des intentions de vote pour la présidentielle dans plusieurs sondages. «On ne peut pas être indifférent au destin de 11 millions de Français», a-t-elle martelé.
Jordan Bardella dans la course
Une analyse conforme à la rhétorique de Marine Le Pen, qui a dénoncé une «décision politique» et qui a annoncé son intention de faire appel. Alors que le procès se tiendra à l'été 2026, la cheffe de file du RN pourrait être contrainte de passer la main à son dauphin, Jordan Bardella, si sa peine d'inéligibilité avec exécution provisoire était confirmée.
Il restera encore à la députée du Pas-de-Calais la possibilité d'un pourvoi en cassation, mais le délai de cette procédure ne devrait pas lui permettre d'être candidate à temps pour 2027.